« Falcon & Le Soldat de l’Hiver », saison 1 : Ô Captain, mes Captain

Après Wanda et Vision au début de l’année, c’est au tour d’un autre binôme un peu accessoire du MCU de prendre son envol sur le petit écran via Disney+. Le Faucon et le Soldat de l’Hiver unissent donc leurs forces dans une nouvelle série entièrement consacrée au duo formé par les potes de Captain America. Une seule question se pose alors : mieux que WandaVision ou pas ?

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Après les déboires de Scarlett Witch et de son mari Vision durant les derniers mois, le MCU poursuit son extension télévisuelle avec ce nouveau programme. Et au moment d’entamer le visionnage de Falcon & Le Soldat de l’Hiver, une question me taraude : pourquoi avoir choisi ces personnages-là pour inaugurer les séries du MCU dans l’ère de Disney+ ? Je ne nie absolument pas toute la subjectivité qui réside dans cette interrogation et même la mauvaise foi qui peut y pointer le bout de son nez… Mais le fait est que tant Wanda et Vision que cet autre tandem ne sont absolument pas des protagonistes qui me parlent particulièrement. Présentés au fur et à mesure que le MCU grossissait sur le grand écran, tous ces personnages me sont apparus au mieux sympathiques (sans plus), au pire carrément inintéressants.
Persuadé (peut-être à tort) que ce sentiment est partagé par une certaine frange du public, je me demande finalement pourquoi ne pas avoir misé directement sur de plus grosses têtes que cela. Je pense évidemment à Loki, dont la série éponyme débarquera d’ailleurs le mois prochain sur le service de streaming de Mickey. Mais je pense aussi à des personnages comme Nick Fury, qui mériterait bien son petit format télévisuel après tout ce temps. Ou encore Shuri, qui (notamment depuis la triste disparition de Chadwick Boseman, interprète de Black Panther), aurait permis de préparer l’avenir du Wakanda avant le prochain film. Ou pourquoi pas Darede-non rien, excusez-moi, faisons comme si je n’avais rien dit. Mais non, c’est sur Wanda et Vision puis Falcon et le Winter Soldier que Disney/Marvel a jeté son dévolu. Et après avoir regardé leurs séries respectives, croyez bien que je continue de me poser l’exacte même question…

Si je me demande l’intérêt de se pencher spécifiquement sur le cas de Falcon et du Soldat de l’Hiver/Bucky, et en dépit des aventures que les deux compères ont pu connaître dans les comics depuis bien des années, c’est avant tout parce que leur union sous la même bannière ne m’est jamais parue si évidente que cela. Rapprochés par la force des choses dans le cadre des films simplement par leur (énorme) point commun qu’est leur amitié pour Captain America, l’association à proprement parler des deux héros n’a jamais réussi à devenir une évidence. Un constat qui sautait tout particulièrement aux yeux dans les tous derniers instants d’Avengers : Endgame, où les derniers moments passés en leur compagnie et celle de Steve Rogers impliquaient certes beaucoup de choses (dont ce team up) mais donnaient surtout l’impression d’une précipitation censée rattraper le train en marche. Comme si, conscients de l’arrivée imminente de Falcon & The Winter Soldier sur nos petits écrans, les gens de chez Marvel s’étaient dit « Mais bon sang, c’est vrai qu’on ne les a pas assez rapprochés, vite vite, faut rattraper le coup ! ». Et nos deux futurs héros de se retrouver unis sous le saint patronage d’un Captain America sur le point de quitter la scène. Quant au public, le voilà à se trouver devant cette étrange situation où il va falloir faire avec alors qu’il n’avait peut-être même pas encore commencé à penser qu’il pourrait éventuellement en avoir envie.

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La série tâche de glisser des moments complices entre elle et le spectateur tels que celui-ci pour renforcer l’attachement aux personnages et l’acceptation de leur amitié. Cela ne marche finalement qu’à moitié.

De cette association faite au forceps naît malgré tout cette série dont je cherche à vous parler aujourd’hui. Lorsque j’ai commencé à regarder le premier épisode, j’ai tâché de me mettre dans l’idée de faire preuve à son égard d’autant de bienveillance que possible. Après tout, on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise ! Au passage, je dois souligner le plaisir que j’ai eu à entamer cette saison après avoir patienté pour que tous les épisodes (diffusés au rythme d’un par semaine) soient disponibles et que, malgré cela, je n’ai subi aucun spoil, quel qu’il soit ! Tout cela sans même mute le moindre terme clé sur Twitter ! Comme quoi, les gens savent se tenir parfois. Notons en tous cas plusieurs choses concernant le format qu’adopte Falcon & Winter Soldier. Contrairement à ce que je croyais avant que la série ne débute, cette dernière ne reprend absolument pas l’exact même format que WandaVision. Là où celle-ci comptait 9 épisodes de 30 à 50 minutes, les aventures du Faucon et du Soldat de l’Hiver n’en comptent que 6 de 50-60 minutes. Une réduction de trois épisodes associées à une durée de chacun sensiblement plus longue qui m’intrigue de prime abord. Tout porte à croire d’entrée de jeu que le rythme de la série, ou surtout la gestion de ce dernier, ne sera pas le même ici qu’il ne le fut sur sa prédécesseuse. Cette hypothèse, cumulée au fait que les deux héros que nous nous apprêtons à suivre impliquent assez naturellement plus d’action que Wanda et Vision, laisse donc espérer quelque chose de vif, dynamique et riche en action.

Globalement, c’est ce que nous offrira Falcon & Le Soldat de l’Hiver sur la durée, une action et un sens du rythme qui faisaient défaut à WandaVision et qui arrivent ici à bien mieux s’établir sur l’ensemble des six épisodes. Sans être parfaitement exemplaire et tout en s’avérant très classique, la recette fonctionne, en tous cas dans les premiers temps. En effet, disons que la première moitié de la saison (soit trois épisodes) arrive sans peine à implanter cette notion de rythme et renouvellement régulier de ce dernier afin d’embarquer le public dans son sillage assez rapidement. Ces trois premiers chapitres installent donc le récit principal, développent quelques éléments plus annexes et sans jamais perdre l’attention des spectateurs, systématiquement nourris de nouvelles péripéties.
La saison peine cependant à tenir ce schéma sur la durée et s’offre malheureusement quelques longueurs lors de certains épisodes. Avec le recul, on se dit sans mal que ces instants de relative torpeur auraient pu être évités ou au moins mieux gérés. C’est effectivement en voulant prendre le temps de la narration et en coupant court à l’action que ces passages – réguliers dans les trois derniers épisodes – viennent casser le rythme plutôt que le remanier. C’est dommage car la première moitié de la saison laissait entrevoir une aptitude certaine à combiner action et narration/développement du récit sans que l’un n’entache l’autre. Mais la volonté d’explorer des pans thématiques plus forts dans la suite coupe court à ce relatif équilibre.

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Quelques flashbacks amèneront à développer le séjour de Bucky au Wakanda mais c’est à la fois trop prétexte à justifier certains éléments du scénario et un peu trop mal intégré au reste.

Du reste, j’exagérerais si je disais que j’ai passé un mauvais moment devant cette nouvelle série. Tout au contraire, et en dépit des défauts que j’ai d’ores et déjà évoqués et ceux que je rajouterai plus bas, je dois dire que j’ai trouvé Falcon & The Winter Soldier somme toute assez divertissante. Le mérite en revient particulièrement à ses scènes d’action, plutôt nombreuses comme on pouvait s’y attendre et qui – sans rien révolutionner cependant – sont plutôt bien menées, offrent un spectacle plaisant et donnent même parfois lieu à quelques séquences tout à fait louables de baston comme on aime en voir chez Marvel. Je pense ici tout particulièrement à quelques affrontements impliquant le personnage de John Walker (fin de l’épisode 4 plus précisément) ou encore l’inévitable et attendue bagarre à trois entre ce dernier et le tandem Bucky/Faucon. Encore une fois ce sont des choses qu’on a déjà vues par ailleurs, y compris dans le giron-même du MCU, mais ça reste réjouissant : ça virevolte, ça tape, c’est plutôt bien chorégraphié… Au fond je crois que je n’en attendais pas plus.

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Allez ! Faites-le ! Devenez adultes bon sang !

Cela étant, si je n’en attendais pas plus c’est parce que je me doutais qu’on n’allait pas m’en proposer plus. Cela ne signifie pas pour autant que je n’aimerais pas en voir plus. Car aussi agréables que puissent être les scènes de combat de cette série et du MCU de manière générale, je ne peux m’empêcher de les trouver toujours aussi timorées qu’aux débuts… Nul doute d’ailleurs à avoir quant au fait que le passage sous la houlette de Disney ne changera plus grand-chose à ce statu quo désormais… Pour autant, je le regrette. Et je le regrette d’autant plus que cette série-là semble parfois chercher à aller un petit peu plus loin que le caractère convenu des combats « façon MCU ». Impossible de ne pas noter ainsi l’espèce de violence dont Falcon & The Winter Soldier cherche à faire preuve par moments. C’est fugace, discret, mais c’est bien là (encore une fois, cf. la fin de l’épisode 4) et ça se remarque d’autant plus au milieu d’un univers partagé très aseptisé sur cet aspect-là. Jusqu’ici, seules les séries de l’ère Marvel/Netflix n’hésitaient pas à miser sur quelques litres d’hémoglobine (Daredevil et The Punisher en tête) tandis que le pendant cinéma du MCU tachait quant à lui de toujours rester dans les clous d’une sorte de bienséance un peu schizophrène quand on voit la puissance dont peuvent faire preuve héros comme méchants dans cet univers.
C’est qu’il ne faudrait pas trop choquer un grand public qui rapporte des milliards de dollars dans les caisses de Disney, voyez-vous… Il n’est donc pas surprenant que les séries produites dans le cadre du MCU et spécifiquement pour le compte de Disney+ reprennent cette philosophie, ou plutôt ce code de conduite. Alors oui, c’est un peu décevant quand on a lu des comics et qu’on sait quel degré de violence cela peut impliquer mais tout de même, on note et on apprécie la façon dont Falcon & The Winter Soldier essaie quand même d’en faire un peu plus que les autres sur le sujet. Ce n’est pas grand-chose et il n’est vraiment pas question d’y voir le début du commencement d’une envie de proposer un contenu plus mature mais c’est toujours mieux que rien.

L’action est donc, toutes proportions gardées, quelque chose qui viendra maintenir l’attention tout au long de cette première saison à laquelle on peut également adresser un autre compliment : elle cherche à raconter des choses. Que cela concerne les personnages, le contexte ou d’autres éléments de narration, il y a une volonté d’explorer des thèmes. Une bien belle idée, trop peu ou trop mal employée par le MCU jusqu’ici, mais qui va malheureusement de paire avec un souci, celui du format. Celui-ci est tout bonnement pénalisé par la densité de son contenu ! Avec seulement six épisodes au compteur et une volonté de multiplier intrigues et sous-intrigues, de faire un effort pour développer les personnages (nouveaux comme anciens) et de traiter de thématiques qui dépassent le cadre-même de la fiction, Falcon & Le Soldat de l’Hiver cherche à en faire beaucoup en bien peu de temps. Le « beaucoup » d’alors se muer en un « trop » qui sape les efforts faits à la base. En cela, cette série constitue un peu un reflet inversé du problème qui s’observait chez WandaVision qui, elle, comptait neuf épisodes et n’avait (à mon sens) pas assez de choses à raconter.
Dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, on sent bien l’envie de contrebalancer le faible nombre d’épisodes par le format en 50 minutes pour pouvoir tout caser mais c’est insuffisant pour que le récit et l’intégralité de ses tenants et aboutissants tiennent tous dans le moule et soient traités avec une attention égale. Fatalement, la saison se conclut avec l’amer sentiment d’avoir à peine effleuré un paquet de choses qui ont pourtant été mentionnées. Certains points ainsi intégrés dans l’histoire perdent rapidement en saveur et en intérêt, ne révélant plus que leur fonction de jonction entre deux péripéties plus importantes. Tout ceci conduit alors à une accumulation de « ça va de soi » un peu pénibles et même carrément frustrants. Je pense ici notamment au cas de Sharon Carter, qui fait donc son retour dans cette série mais dont les évolutions et les motivations demeurent au moment de finir la saison aussi inexpliqués qu’inexplicables malgré les maigres tentatives des scénaristes.

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¯\_(ツ)_/¯

Je ne peux pas franchement dire que c’est raté mais les écueils sont trop nombreux et la série rentre trop souvent dedans pour qu’on dise, au moment de rendre un « verdict » général, que c’est une réussite. Là où cette forme de maladresse dans la composition va être le plus dommage, c’est sans conteste lorsque l’on va s’intéresser au sous-texte qui règne du début à la fin de la série et qui, quant à lui, demeure très intéressant et même important de A à Z. En partie gâché par les difficultés liées au format et à la densité de son contenu, tout ce volet thématique et sociétal mérite cependant qu’on s’attarde un peu dessus car si l’on savait que tout allait partir de la question de la succession de Captain America (qui pour reprendre un tel flambeau ?), on ne se doutait pas forcément que Marvel allait saisir l’occasion pour glisser un regard aussi conscient des choses sur l’Amérique actuelle.
Evidemment, ça semble aller de soi pourtant (on parle quand même du super-héros « mascotte » des USA qui refile son bouclier à un Afro-américain à l’issue d’Endgame, voyez le symbole !) mais le MCU nous a trop habitués à rapidement esquiver tout ce qui peut ressembler à une prise de position politique et surtout critique à l’égard des Etats-Unis. Mais voilà que Falcon & The Winter Soldier déboule et tente une percée en la matière. Tout part des questionnements intimes de Sam Wilson (« Suis-je digne de succéder à Captain ? », question vaste qu’on pourrait traiter sur des pages et des pages) pour finalement questionner l’Amérique tout entière et poser une autre question, bien plus fondamentale : est-elle prête à accepter qu’un Afro-américain endosse le costume et porte le bouclier ? La question revient de manière sous-jacente tout au long de la saison, à travers des détails précis, des éléments du quotidien même (le prêt à la banque de Sam et sa sœur) renvoyant sans cesse aux conditions de vie des Noirs américains sur le sol des Etats-Unis.

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Qu’il est lourd l’héritage de ce bouclier !

Tel un serpent de mer la problématique avance dans la série en se glissant dans le moindre recoin disponible et permet de poser la fameuse question (au moins en partie dans certains cas) avec une régularité déconcertante et en essayant autant que possible de la prendre sous différents angles dont la pertinence me surprendrait presque venant de Marvel : le regard des Afro-américains sur eux-mêmes ; leur envie de se battre pour leurs droits ; leur désespoir parfois, des décennies après la fin de la ségrégation qui a gangréné le pays si longtemps et dont les échos demeurent ; le regard des Blancs sur cette situation, entre ceux qui n’avanceront jamais et ceux qui ne savent pas comment faire pour aller dans le bon sens ; le poids de l’institution… Je vois en cela un écho très appréciable de Black Panther et des très nombreux questionnements que le film posait concernant la question raciale aux USA. Le film de Ryan Coogler avait beau se passer au pays fictif africain du Wakanda, la force qu’il donnait aux cultures africaines et le reflet qu’il dressait des problématiques des Afro-américains étaient indéniables. A mon sens Falcon & The Winter Soldier tâche de faire de même mais en imprimant tout cela directement sur le sol américain. Il n’est plus question d’échos distants mais bien de mettre ce pays face à ses propres problèmes, ses défauts, ses forces pour réagir et les dangers qui y demeurent sur la question. Loin de moi toutefois l’idée de dire que cette série sera un pavé dans la mare et qu’elle apporte toutes les réponses. Elle demeure un divertissement avant tout mais cela ne l’empêche pas de saisir sa chance pour parler, tout simplement. Il est temps que Marvel comprenne que sa force de frappe peut être un vecteur pour véhiculer des messages prônant, sinon la paix, au moins l’égalité. Je crois très intimement que le monde actuel et en particulier les Etats-Unis post-Trump ont besoin de messages de ce genre dans leurs programmes et de héros tels que celui que devient Sam Wilson en l’occurrence. Sa mue s’effectue au cours de cette saison et il sera très intéressant de voir où cela va le conduire, tant en sa qualité de super-héros que de citoyen américain.

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Le personnage d’Isaiah, vétéran pas comme les autres de la Guerre de Corée, donnera lieu à quelques échanges lourds de sens.

Il y a malgré tout un reproche que je ferais à cette approche, c’est de quasi systématiquement la placer sous l’angle de la légitimité par l’armée et par le combat. Je m’exprime sans doute un peu mal mais voilà où je veux en venir. Malgré l’envie de dépeindre les difficultés quotidiennes des Afro-américains, la série ne peut pas s’empêcher de renvoyer le public à l’éternel discours bien bien américain qui consiste à dire qu’on mérite d’être reconnu comme citoyen des USA avec les mêmes droits que les autres à partir du moment où l’on s’est battu pour ce pays. Si cela est indiscutable au fond, ne pourrait-on pas trouver d’autres arguments pour une fois ? Je ne sais pas moi mais le simple fait que la population afro-américaine descende pour une large partie d’entre elle du système esclavagiste, ça semblerait être un juste retour des choses de les laisser vivre en paix, non ? Je ne suis pas naïf bien sûr et j’entends bien que le contexte inhérent à Falcon & The Winter Soldier (et par extension à Captain America) implique les questions d’ordre militaire et toute la symbolique que cela peut revêtir dans les grands fantasmes patriotiques américains, mais pourquoi vouloir toujours fonder la légitimité des droits d’untel ou d’untel sur sa participation à tel ou tel conflit engageant les forces armées américaines ? Ce focus militaire me soule profondément, que voulez-vous.
Je comprends cependant que cela renvoie à un imaginaire américain bien ancré et qui peut sans aucun doute sembler bien éloigné pour des Européens mais comment ne pas vouloir rompre définitivement avec tout cela ? D’autant que cela jure un peu avec ce que la trilogie Iron Man essayait tant bien que mal (mais toujours avec cette naïve maladresse) de dire, à savoir que l’Amérique n’a pas à fonder sa force uniquement sur son arsenal, aussi pointu puisse-t-il être. En prenant la figure de Tony Stark, industriel militaire, et en lui offrant cette crise/prise de conscience, Marvel esquissait un semblant de réflexion sur le sujet, à défaut de correctement le dénoncer. Il y a donc une forme d’ambivalence qui se crée et qui sape à mon avis les intentions derrière ce développement d’idées qui sont éminemment louables. Et le discours final de Faucon aura beau tout faire pour prendre une ampleur qui dépasse le seul cadre militaire pour aller parler de société à reconstruire, on aurait aimé que ceci soit dit sur l’ensemble de la série.

Je vais essayer de conclure rapidement en parlant des personnages (et non de la distribution, sur laquelle je n’aurais pas grand-chose à vous dire de pertinent), à commencer nos deux têtes d’affiche. Je le disais au début de cet article, je n’avais pas beaucoup d’affect pour Bucky et Faucon jusqu’ici. Ils ne m’ont jamais spécialement parlé, tout simplement. Je les redécouvre cependant avec cette série qui permet forcément de leur accorder un temps de développement plus important en termes d’écriture. L’un comme l’autre réussissent alors un tant soit peu à se caractériser d’une manière nouvelle, en n’étant plus seulement le « second couteau pratique » de Cap’ ou l’ex-méchant avec un stress post-traumatique. En essayant de développer l’amitié entre les deux protagonistes, cette première saison réussit à me les rendre plus appréciables, je dois bien l’admettre. Plus marqués en tant qu’individus que ce n’était le cas jusqu’alors, Bucky comme Sam se construisent doucement au cours de cette saison. Et même si le parcours est évidemment très différent entre les deux et conduit à des finalités bien distinctes, cela fonctionne grosso modo.
Je pense cependant qu’on ne peut pas spécialement en dire autant des nouveaux personnages de la série, auxquels j’ajoute d’ailleurs celui de Sharon Carter qui fait donc son retour. La plupart de ces protagonistes (Sharon mais aussi John Walker, Karli ou encore Valentina Allegra de Fontaine…) se révèlent assez fades. La faute là encore je pense à un format qui essaie d’en dire beaucoup sans avoir le temps de le faire. Bien des points ne sont alors qu’effleurés encore une fois et confèrent à ces personnages une caractérisation très simple, sinon simpliste. Seul John Walker continue de m’intriguer à la fin de la saison. Mais c’est moins pour ce qu’il fut que pour ce qu’il pourrait devenir dans la suite de la série. Autant dire que ce n’est pas acquis.

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Sans intérêt…

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Cette première saison de Falcon & Le Soldat de l’Hiver n’est donc ni une réussite, ni un ratage complet. A caler dans un entre-deux qualitatifs un peu fade, la série réussit malgré tout à révéler quelques uns de ses atouts. S’ils ne sont pas utilisés tout le temps à bon escient ou avec l’adresse qu’ils auraient mérités, ils demeurent toutefois en tête à la fin du visionnage et laissent espérer une suite un peu plus réussie. Lancée sur un chemin semé d’embûches, cette saison initiale n’arrive hélas pas à toutes les éviter et se met parfois elle-même des bâtons dans les roues à vouloir trop en faire en si peu de temps. La faute aussi peut-être à une volonté d’installer les choses sur ces six premiers épisodes. Maintenant que toutes ces bases sont posées, on peut espérer alors que la suite réussira à avancer sans trop trébucher.

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