Nous y sommes, c’est la fin de la saison 2025-2026 pour le blog ! Avec déjà quatorze articles en ligne et une publication dans la revue Communications, ce furent quelques mois assez riches et denses que nous avons traversés ! Alors histoire de finir avec un peu de légèreté, retour aux traditions avec cette nouvelle sélection indestivale. L’occasion pour moi d’évoquer des titres parcourus au cours des derniers mois, sur lesquels je n’ai pas écrit mais qui ont été de bons moments. Comme toujours, j’ai tâché de vous trouver des jeux indépendants aux prix raisonnables (20€ grand maximum) afin que vous puissiez y dénicher des idées pour vous occuper sans vous ruiner cet été.

– Note –
Les prix indiqués pour chaque jeu sont donnés à titre indicatif. Je vous invite à fouiller les différentes plateformes pour éventuellement les trouver en promotion.
La disponibilité des jeux dans les différentes formules d’abonnement est évidemment indiquée sous réserve que le jeu ne soit pas retiré entre temps.
American Arcadia
American Arcadia est un titre du studio madrilène Out of the Blue, paru en 2023 et qui m’a tout de suite intrigué lorsqu’il fut présenté en 2022. L’on y incarne Trevor Hills, citoyen honnête quoiqu’un peu banal de l’utopique ville d’Arcadia. Tout semble se passer pour le mieux jusqu’au jour où Trevor découvre qu’il n’est qu’un personnage parmi tant d’autres dans un programme télévisé et qu’il va bientôt en être retiré. Face au funeste destin que cela semble promettre, Trevor s’emploie donc à sauver sa peau, recevant au passage le coup de main d’Angela, une employée de Walton Media, la boîte de production derrière le show télé.

Le jeu se décompose alors en deux pans principaux : les séquences où nous jouons Trevor, relevant essentiellement du cinematic platformer et au cours desquelles nous pourront également employer les caméras d’Arcadia pour activer divers objets et créer des chemins ; et d’autre part les séquences avec Angela, en vue à la première personne dans les locaux de Walton Media. Pris dans son ensemble, American Arcadia pourra vite sembler assez classique dans les formes mais il jouit tout de même de cette volonté de varier le gameplay. En soi, chacune de ces séquences n’est pas strictement révolutionnaire mais le tout permet au jeu de ne pas rester enfermé dans un carcan que j’apprécie, certes, mais qui peut vite paraître redondant.
American Arcadia réussit donc son coup non seulement par ces petites extravagances de game design mais également en offrant un travail sur l’écriture et l’atmosphère qui fonctionne à merveille. Sa direction artistique rétro-futuriste 70s, servie par une patte visuelle qu’on retrouvait déjà dans Call of the Sea – précédente production du studio espagnol -, est un régal de chaque instant. Parallèlement, difficile de ne pas louer l’effort d’écriture. Car si le récit convoque sans vergogne The Truman Show de Peter Weir mais aussi Le Temps Désarticulé de Philip K. Dick (roman qui a inspiré le film justement), il réussit surtout à s’en réapproprier les thématiques. Evitant en cela une redite trop appuyée de la critique des médias, American Arcadia tâche de moderniser cette approche afin de la faire correspondre avec les enjeux de notre temps.
American Arcadia est disponible sur Steam et l’eshop Nintendo à 19,50€.
Il est également disponible sur consoles Xbox et PlayStation, à 19,99€.
Bubblegum Galaxy
En 2022, vous y avez peut-être échappé, est sorti un jeu qui réussissait à être aussi chill qu’addictif. Un puzzle game doux et prenant, pourtant sans grands enjeux, et qui répondait au nom de Dorfromantik. Il n’y avait pas grand-chose à faire dans cette production de Toukana Interactive et c’était sans doute sa plus grande qualité. Nous nous contentions de déposer des tuiles les unes à côté des autres, selon une certaine logique (et parfois non) afin de créer de petits paysages bucoliques. Eh bien, ici, c’est presque tout pareil car avec Bubblegum Galaxy, Smarto Club propose cette année un Dorfromantik–like d’excellente facture.

Que l’on adhère ou non à sa direction artistique – dont je peux comprendre qu’elle ne plaise pas à tout le monde – le jeu présente un bel intérêt dans sa manière de compléter le joli concept de Dorfromantik en y adjoignant des missions et objectifs qui rationnalisent l’expérience mais sans lui faire perdre son charme. Nous incarnons ici Haco, stagiaire dans une entreprise qui, sommairement, fabrique des galaxies et les planètes qui s’y trouvent. Sauf que lors de notre premier jour de stage, c’est une galaxie toute entière qui vient à disparaître en raison d’un bug et c’est évidemment à nous que l’on va demander de remettre les choses en ordre. Le jeu se développe alors selon les mêmes principes que Dorfromantik avec tout un lot de tuiles à déposer et agencer afin de créer divers biomes. La différence réside dans le fait que le jeu se divise ici en niveaux successifs qu’il nous faut parcourir du premier au dernier, ainsi que dans la définition d’objectifs précis à atteindre afin de valider les différents niveaux.
On se plait alors à répondre à ces buts, lesquels ajoutent une certaine plus-value sans jamais empiéter sur le plaisir de placer ces tuiles, parfois (souvent même) plus pour la satisfaction personnelle que pour strictement répondre aux objectifs fixés par le jeu. Ce dernier n’impose d’ailleurs jamais de tous les remplir d’un coup et permet donc de simplement refaire chaque chapitre autant de fois que l’on veut, ajoutant une petite couche de rejouabilité assez plaisante. Le tout est récompensé enfin par le mode sans fin, qui se débloque après avoir fini la trame principale. A noter par ailleurs que Bubblegum Galaxy propose un semblant de scénario mais que ce dernier est bien plus un prétexte qu’autre chose, une contextualisation à laquelle on prêtera finalement peu d’attention car on n’est pas là pour ça.
Bubblegum Galaxy est disponible sur Steam à 13,79€.
Il est aussi disponible sur l’eshop Nintendo,
consoles Xbox et PlayStation à 19,99€.
ElecHead
Il y a encore quelques mois, je ne connaissais rien de Nama Takahashi et de ses jeux. Le développeur solo japonais jouit pourtant d’une aura certaine qu’il doit évidemment à la qualité de ses titres et en particulier ses plus récentes productions : Öoo (que j’ai hâte d’enfin faire) et ElecHead.

Paru en 2021 et basé sur un prototype de 2016, ElecHead est un jeu de plateforme en 2D parmi les plus agréables et malins que j’aie pu voir ces dernières années. Nous y incarnons un petit robot, Elec, qui doit ramener la lumière au monde. Pour cela, Elec ne repose que sur un nombre très limité d’actions : se déplacer, sauter et lancer sa tête. Le petit robot présente en effet la particularité de pouvoir conduire l’électricité. Le fait d’ainsi envoyer sa propre tête au loin sera le moyen d’activer un certain nombre de mécanismes pour arriver à ses fins et poursuivre sa quête.
ElecHead est en fin de compte un de ces jeux qui nous rappellent que, parfois, faire simple est encore ce qui peut se faire de mieux. Son game design est une preuve – s’il en fallait encore – qu’une idée maligne de mécanique de jeu peut ouvrir la porte à une multitude de situations et des puzzles possibles. Inventif en cela, le jeu de Nama Takahashi se révèle être un vrai régal, d’autant plus qu’il s’avère être assez court (3-4 heures), lui permettant de faire montre de toute l’étendue de son ingéniosité sans jamais se montrer ni lassant, ni répétitif. Petit bonus à tout cela, le caractère éminemment agréable de ce gameplay ne fait qu’encourager l’envie de découvrir les deux fins du jeu.
ElecHead est disponible sur consoles Xbox à 8,49€.
Il est également disponible sur Steam, GOG et
l’eshop Nintendo à 8,99€.
Is This Seat Taken?
Il y a quelques jeux qui sentent bon les vacances dans cette sélection et celui-ci en fait clairement partie. Is This Seat Taken? est sorti en 2025, développé par Poti Poti Studio, un autre studio espagnol basé cette fois-ci à Barcelone.

Le principe de ce titre est on ne peut plus simple. Au cours de différents niveaux, qui sont autant de séquences racontant le parcours de petits protagonistes récurrents, nous avons une seule et unique tâche à accomplir : disposer les différents personnages présents aux emplacements prévus. Que nous soyons à bord d’un bus ou d’un bateau, dans un restaurant ou tout autre établissement, la mission demeurera strictement la même tout du long du jeu. Mais attention car chaque personnage aura ses petites préférences, qu’il s’agisse de l’installer près d’une personne donnée ou au contraire le plus loin possible d’une autre, d’éviter des incompatibilités (mettre un dormeur à côté d’une personne qui fait du bruit par exemple…), etc.
Sommaire au possible, certes, le game design n’en demeure pas moins d’une jolie efficacité. Il faut dire qu’on est ici face à une forme de casse-tête éprouvée et que son application en jeu se montre très agréable. Car à game design simple, gameplay simple et l’ensemble du jeu se fera par un déplacement des personnages géométriques jusqu’à trouver la meilleure configuration possible. Agrémenté d’un semblant de scénario somme toute assez dispensable pour le peu qu’il apporte à l’ensemble, Is This Seat Taken? est surtout un de ces jeux qui se marient idéalement avec une session longue comme avec l’envie de simplement grignoter un niveau de temps en temps. Mieux encore, c’est typiquement le genre de titre qu’on gardera sous le coude même une fois terminé afin de retourner faire un niveau à la volée pour tuer le temps.
Is This Seat Taken? est disponible sur Steam à 9,75€.
Il est aussi disponible sur l’eshop Nintendo et appareils
Android à 9,99€.
Kamiko
Kamiko est un titre développée par Skipmore, développeur japonais quasi solo que j’ai découvert il y a un petit bout de temps maintenant avec sa saga Fairune, des titres initialement inspirés par The Legend of Zelda et qui se révélaient être de très chouettes aventures. D’ailleurs, en passant, la Fairune Collection qui regroupe l’ensemble de ces titres est régulièrement à tout petit prix sur l’eshop de la Switch, n’hésitez pas à jeter un œil.

Pour en revenir à Kamiko, sorti en 2017, on y reconnaît tout de suite la patte de Skipmore, en particulier dans cet habillage néo-rétro fait de gros pixels aux couleurs chatoyantes. Mais on la retrouve aussi et sans doute surtout dans cette envie d’une fois encore livrer quelque chose qui s’apparente à du Zelda-like vu de dessus, à l’ancienne si l’on voulait forcer le trait. Nous y évoluons en effet dans des niveaux peuplés d’ennemis à terrasser et d’énigmes à résoudre afin de progresser. Une recette ici également éprouvée mais qui trouve dans Kamiko une certaine fraicheur, que l’on doit – je trouve – à la fluidité de l’ensemble. Petits, les niveaux se parcourent assez vite, tandis que les affrontements avec les ennemis ne trainent pas et offrent au jeu un dynamisme bienvenu.
Mais la principale particularité de Kamiko sera de proposer trois personnages jouables. Trois héroïnes que nous n’incarnerons pas à tour de rôle au cours d’une seule et même partie mais avec lesquelles nous pourront plutôt refaire l’aventure d’un bout à l’autre. Ainsi, que vous choisissiez de jouer avec Yamato, Uzume ou Hinome, ce sera pour chacune d’entre elle la même aventure à parcourir. La différence tiendra dans l’attirail dont chacune dispose (épée, arc ou un ensemble dague+bouclier) et qui viendra modifier la manière d’appréhender la progression.
J’avoue avoir été circonspect au début à l’idée de refaire le jeu trois fois avec trois personnages différents mais leurs spécificités offrent en effet des subtilités assez marquées pour rendre chaque run assez différente (sans les bouleverser pour autant). En fin de compte, Kamiko est essentiellement un Zelda-like, certes, mais en réalité avec une composante arcade qui reposera tout autant sur le plaisir instantané (renforcé par le fait que l’aventure en elle-même est très courte) que sur l’envie de voir avec quel personnage on se sent le plus à l’aise, appelant en cela à une certaine forme de rejouabilité.
Kamiko est disponible sur Steam à 3,99€.
Il est aussi disponible sur consoles Xbox à 4,29€,
sur l’eshop Nintendo à 4,99€ et sur
consoles PlayStation à 7,99€.
Mixtape
Vous pensiez vraiment que je n’allais pas profiter de cette sélection estivale pour vous parler de celui qui est sans doute mon jeu favori de l’année jusqu’à présent ? C’est mal me connaître. Alors évidemment qu’on va parler de Mixtape, le nouveau jeu de Beethoven & Dinosaur paru en Mai dernier !

C’est éculé de dire qu’un jeu n’est pas juste un jeu mais, bon, Mixtape n’est pas juste un jeu. C’est un exercice de style dédié à la musique, une bande originale (folle par sa qualité) au service de laquelle se met le jeu. Celui-ci se décompose en séquences venant souligner la musique, laquelle accompagne le récit, en forge la colonne vertébrale, en devient la moelle épinière, bien plus qu’un gameplay qui se veut quant à lui plus en retrait, certes, mais toujours présent dans une forme d’élégance et d’adéquation avec ce que le jeu nous donne à voir.
Car Mixtape c’est surtout cela, mettre la musique au cœur des choses afin de raconter et ériger en légende un chapitre de vie qui arrive à son terme. Le jeu est alors tout à la fois une capsule et une ode à la conception sonore et musicale d’une œuvre, ici d’un morceau de vie. Le jeu devient alors cette capsule parce qu’il synthétise cette impression que l’on a forcément connue, celle où la musique qui nous traverse les oreilles nous donne l’impression d’être dans un film, d’en être un personnage principal ou un figurant. Celle où chaque chanson, chaque piste d’un album donné qui a vécu avec nous à un moment-clé devient un écrin à souvenirs. En cela, la musique embellit ces mémoires, les enrichit d’un supplément d’âme qui installe ces passages passés comme des instants tout autant précieux que sans doute trop enjolivés par rapport à la réalité (ce que le jeu met admirablement en scène) mais, au fond, n’est-ce pas ce que l’on cherche ? Graver dans notre mémoire des moments finis qui nous paraissent plus beaux qu’ils ne l’ont été simplement parce qu’ils nous sont chers ?
Mixtape résonne de tout cela et va donc se tailler une place forte pour certaines personnes, comme ce fut le cas pour moi. Parce qu’à travers ce récit qui se veut certes très américain, très John Hughes mais en plus 90s, plus new wave, plus rebelle, à travers ce récit donc, ce qui vient s’imposer c’est un ensemble de sentiments et d’émotions, c’est un renvoi à ce que nous avons peut-être été amenés à vivre. En particulier si, à l’instar de Stacey, on a nous aussi laissé derrière nous ce coin semi-perdu où nous avions tout pour nous embarquer dans tout autre chose, en solo, dans une ville lointaine et à l’échelle beaucoup plus grande alors même qu’on n’est encore que des gamins.
Beau, doux, élégant, sans doute un peu poseur, Mixtape avait tout pour me plaire mais il ne s’est pas contenté de ça. A travers la vie de Stacey, Cass et Slater, il m’a aussi beaucoup parlé de moi et m’a bouleversé. J’en attendais beaucoup, j’ai eu encore plus.
Mixtape est disponible sur Steam, l’eshop Nintendo,
l’Epic Games Store et les consoles Xbox et PlayStation à 19,99€.
Il est également inclut dans l’abonnement Xbox Gamepass Ultimate.
Pipistrello & The Cursed Yoyo
Voilà un jeu qui va s’adresser aux nostalgiques de la Game Boy Advance. Développé par Pocket Trap et sorti un peu plus tôt cette année, Pipistrello & the Cursed Yoyo est en effet un jeu qui joue beaucoup sur un écho fait à la console portable de Nintendo.

Ici, nous incarnons Pippit, descendant de la famille Pipistrello qui détient un monopole énergétique sur la ville où se déroule le jeu. Mais évidemment, telle influence attise les convoitises et Pippit va bientôt devoir affronter les concurrents de sa famille. Pour cela, la jeune chauve-souris est armée d’un yoyo qui sera l’outil autour duquel tourneront les différentes mécaniques de gameplay du titre, que ses développeurs présentent d’ailleurs comme un « yoyovania ». Ces mécaniques (frapper en direct ou en tourbillon, atteindre des ennemis ou interrupteurs éloignés, se déplacer rapidement et j’en passe…) se révèlent très amusantes mais elles brillent surtout par la variété de situations qu’elles peuvent amener et le caractère tout à fait malin des différents challenges, qu’il s’agisse de puzzles, de combats ou de parcours. L’acquisition de nouvelles compétences (pas si nombreuses mais bien suffisantes) ne fera qu’enrichir le tout et permettra par ailleurs de se composer une sorte de simili-build qui contribuera à l’appropriation de l’ensemble par les joueurs et joueuses.
Derrière cela, l’histoire est quant à elle assez convenue même si elle permet de développer tout un lot de thématiques qui gravitent globalement autour de l’anticapitalisme et des impacts négatifs des grandes corporations, que ce soit sur l’énergie, la bouffe ou même le sport et le divertissement. Un aspect que je n’avais pas du tout vu venir et qui accorde à Pipistrello le mérite d’être un jeu très intelligent dans sa manière de distiller son propos. J’ai cependant un peu rechigné à faire certaines quêtes annexes, que je n’ai pas toujours trouvées très emballantes (même si elles constituent d’excellents défis), tout comme je regrette que l’overworld paraisse assez vite un peu confus. Vivant et coloré, certes, mais peut-être un peu encombré. Pipistrello n’en demeure pas moins une très très bonne surprise.
Pipistrello & The Cursed Yoyo est disponible sur l’Epic Games Store à 17,99€.
Il est aussi disponible sur Steam à 19,50€, ainsi que sur
les consoles Nintendo Switch, Xbox et PlayStation à 19,99€.
Relooted
Développé par le studio sud-africain Nyamakop, Relooted n’est peut-être pas le plus grand jeu de l’année mais, en plus d’être somme toute assez efficace néanmoins, il revêt aussi une certaine importance car il parle d’un sujet fort : le pillage des pays d’Afrique au profit des musées occidentaux. Nous campons alors, en 2099, Nomali, une championne de freerunning qui rejoint bientôt une équipe de cambrioleurs qui se donne pour mission de récupérer tous ces artefacts.

L’idée de base de Nyamakop avec ce jeu est un très bon point de départ pour un titre qui sait se montrer plutôt dynamique. Son approche du cambriolage est plaisante, tout comme son aspect de planification qui permet de prendre en compte les différentes options disponibles. Le level design est plutôt bien conçu et permet de réagir rapidement quand le plan se heurte à un problème qu’on n’aurait pas prévu. On ne reste alors jamais coincé éternellement et il se trouvera toujours un plan B ou C pour nous tirer d’affaire. Chaque mission se révèle alors être un petit régal qu’on ne saurait nier.
Relooted affiche tout de même quelques limites. Ainsi sa proposition générale de gameplay ne se renouvelle pas beaucoup sur le long terme. Si elle vient s’enrichir tout de même par l’ajout régulier de nouveaux acolytes qui permettront de développer de nouvelles situations, l’ensemble du jeu repose globalement sur la même rythmique tout du long. Idem pour son aspect planification qui en vient même parfois à être mis de côté au profit de missions plus linéaires, parmi lesquelles (hélas) la mission finale. Ces quelques défauts n’empêchent cependant pas Relooted d’être un jeu vraiment plaisant à parcourir, globalement efficace dans sa proposition même s’il se révèle donc perfectible.
Mais son principal point fort sera évidemment son approche décoloniale qui met sur le tapis un sujet d’importance capitale, à savoir la restitution nécessaire des artefacts et antiquités d’Afrique à leurs pays d’origine plutôt que de les laisser dans des musées occidentaux qui n’affichent dès lors que les résultats de vols et pillages coloniaux. Le sujet est très bien abordé par le scénario, qui ne manque pas non plus d’évoquer la question des collections privées. Relooted prend par ailleurs un temps très agréable sur la présentation des différents artefacts à récupérer, permettant en cela d’esquisser un joli plan d’ensemble des cultures africaines et de l’Histoire du continent. Ajoutons enfin à cela une direction artistique pas dégueu qui vient très justement nous rappeler que l’afrofuturisme a encore toute sa place dans la fiction en 2026.
Relooted est disponible sur l’Epic Games Store à 13,49€.
Il est également disponible sur Steam et consoles Xbox à 14,99€,
ainsi que dans l’abonnement Xbox Gamepass Ultimate.
To a T
To a T ne pouvait pas être un jeu banal. Le jeu a été développé par uvula LLC, un studio qui ne vous dit peut-être rien étant donné que c’est son premier projet mais dont le fondateur n’est nul autre que Keita Takahashi, créateur du pas du tout banal non plus Katamari Damacy.

To a T n’est donc pas banal lui non plus, dans aucun de ses aspects. Nous y jouons le rôle de Teen, un jeune adolescent dont la particularité sera d’avoir un corps en forme de T, avec les bras tendu de chaque côté. Ce simple fait apporte déjà toute une particularité au titre, influençant les mouvements de ce brave garçon et la gameplay associé. Cette particularité physique, To a T la souligne très vite par tout un tas de gimmicks de jeu, du fait de s’habiller à celui de se brosser les dents par exemple. L’histoire quant à elle nous propose de suivre Teen dans son quotidien, marqué par la présence constante de son chien à ses côtés, par sa vie à l’école et, hélas, le harcèlement qu’il y subit en raison de sa condition. Le jeu nous emmène alors dans cette succession de journées qui se ressemblent de prime abord mais qui brillent surtout par les personnages que nous y croiseront.
Car si To a T tâche bien de nous raconter une histoire, c’est essentiellement pour ce qu’il veut dire plus que pour ce qu’il veut narrer qu’il devient véritablement intéressant. Il s’agit d’une fable douce et souvent rigolote, au cours de laquelle Teen et nous-mêmes faisons face au fait d’être différent, d’évoluer dans un monde qui n’est a priori pas fait pour nous et d’y trouver notre place tout de même. Le titre se révèle alors beaucoup plus touchant que ses allures de petit jeu absurde ne le laissent penser de prime abord, insistant surtout sur le fait que nos différences sont aussi nos forces. Alors, dit comme ça, ça peut sembler banal justement mais le fait est que, fort heureusement, To a T a une manière bien à lui de nous le dire.
To a T est disponible sur Steam et l’Epic Games Store à 18,49€.
Il est également disponible sur les consoles Nintendo Switch,
Xbox et PlayStation à 18,99€, ainsi que dans les abonnements
Xbox Gamepass Premium et Ultimate.
Wheel World
Wheel World est un jeu qui m’est tombé dessus au meilleur moment, à savoir celui où je n’ai plus été en mesure de faire du vélo et où ça commençait à sérieusement me manquer. Faute de pouvoir enfourcher mon propre vélo, me voilà donc à tailler la route dans ce titre développé par Messhof Games et paru en 2025.

Globalement, Wheel World se bâtit autour de plusieurs zones ouvertes successives dans lesquelles nous devons remporter des courses et réussir divers défis afin de progresser dans l’histoire. Une histoire qui sera plus prétexte qu’autre chose d’ailleurs, autour de légendaires pièces de vélo que Kat, notre personnage, doit collecter pour remplir un rituel permettant de sauver le monde. Le jeu de Messhof tente donc un peu de narration mais ce n’est clairement pas son point fort. C’est assez maladroit dans l’ensemble, notamment dans son final, que j’ai trouvé assez abrupt.
Cependant, j’ai passé un excellent moment sur la selle avec ce jeu ! Plutôt court, suffisamment pour ne pas se révéler trop redondant en dépit d’un contenu qui se renouvelle assez peu d’une zone à l’autre, il a pour principale qualité de livrer une expérience de jeu que j’ai tout à fait appréciée. Pourtant son gameplay n’est pas plus développé que ça, la customisation du vélo est présente mais pas hyper poussée, les courses ne sont pas toujours grandioses… Présenté comme ça, j’ai bien conscience que je vous vends très mal le jeu mais retenez-en l’essentiel que j’y ai trouvé : le plaisir de rouler est là et demeure d’un bout à l’autre. Il y a un je-ne-sais-quoi dans l’instantanéité de ces mécaniques de jeu qui rend le simple fait de rouler vraiment agréable. Pas grisant comme dans une course échevelée mais agréable comme dans une balade bucolique, ce que le design sonore du jeu souligne avec soin à mon sens.
Wheel World est disponible sur Steam,
l’Epic Games Store et les consoles Xbox à 18,49€.
Il est également disponible sur les consoles Nintendo
Switch et PlayStation à 18,99€, ainsi que dans les
abonnements Xbox Gamepass Premium et Ultimate.
• Mentions spéciales •
On n’en parle pas dans le détail, ils peuvent être un peu plus chers que la sélection principale, mais ils valent aussi le coup d’œil si vous en vous davantage.
Call of the Elder Gods
Pour vous si vous aimez les enquêtes en point’n’click et les univers lovecraftiens.
Herdling
Pour vous si vous aimez l’idée d’élever des bêtes dans les pâturages et si vous avez aimé « Journey » en 2012.
Luna Abyss
Pour vous si vous aimez les jeux de tir un peu nerveux à la « Doom », le bullet hell, les « Metroid Prime » et les ambiances hard SF un petit peu glauques.
MIO : Memories In Orbit
Pour vous si vous aimez les metroivania et les jeux qui donnent l’impression de virevolter.
Neva
Pour vous si vous aimez les cinematic platformers tranquilles aux douces histoires un peu tristes.
Replaced
Pour vous si vous aimez le pixel art et la science-fiction à la Philip K. Dick (surtout « Blade Runner »)
Routine
Pour vous si vous aimez les jeux horrifiques à la première personne, les sentiments d’isolement et surtout « Alien ».
Arrivé au bout de cette sélection, je ne vais pas vous retenir beaucoup plus longtemps. Vous avez désormais – j’ose l’espérer – ajouté au moins un ou deux titres à votre liste de souhait et peut-être même allez-vous en démarrer un sitôt cet article terminé, qui sait ? N’hésitez pas à me dire d’ailleurs si vous avez porté votre choix sur un ou plusieurs jeux de cette liste, je serais curieux de savoir ce que vous en aurez pensé le cas échéant (même si vous n’avez pas aimé !).
Quant à moi, je tire le rideau sur cette saison 2025-2026 du blog, assez fier du boulot abattu encore une fois durant les derniers mois tout en ayant hâte de revenir aux affaires, mais aussi content de prendre une pause cet été pour me reposer et me consacrer à un ou deux autres projets sur lesquels j’aimerais bien enfin avancer comme il se doit, histoire de voir si ça mène quelque part. On se revoit dans tous les cas en Septembre prochain et d’ici là je vous souhaite de passer un bel été ! Faites attention à vous et profitez autant que possible ! Merci pour cette saison, merci d’être passé sur cet article et les autres, même si ça n’a été qu’une seule fois.

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