« Watchmen », saison 1 : De l’importance de l’héritage

Nous n’avions pas besoin d’une suite à Watchmen. Paru à la fin des années 1980, le comics d’Alan Moore et Dave Gibbons se suffisait à lui-même et n’appelait aucune suite. Long, éprouvant, dantesque même, le récit de ces super-héros désabusés fut un événement considérable dans le monde des comics. Aussi, voir débouler une suite à tout cela 30 ans plus tard a de quoi questionner. HBO a pourtant fait ce pari de poursuivre l’aventure dans une autre époque et avec de nouveaux personnages. Un pari osé qu’on pourrait même croire inconsidéré tant la tâche s’annonçait ardue. Et pourtant, le défi fut relevé.

S’attaquer à Watchmen, c’est s’attaquer à un pan essentiel de la culture comics et, plus largement, de la culture populaire de la deuxième moitié du XXème siècle. Car au-delà de n’être qu’un « simple » roman graphique, l’oeuvre d’Alan Moore et Dave Gibbons (qu’on oublie souvent de citer, comme si son dessin n’apportait rien à toute l’incroyable saveur visuelle de l’objet…) est surtout une pierre angulaire dans l’histoire-même des comics, un tournant si l’on voulait être galvaudé.

Quelle somptuosité !

C’est un bouquin à part, Watchmen, en ce sens qu’il prend à son compte le mythe du super-héros et le tord encore et encore à tel point que le livre est souvent pris pour exemple de la haine que Moore entretiendrait soi-disant avec les héros encapés (alors qu’il les aime sans doute plus que nous tous réunis, comme l’a assez récemment rappelé sa fille). Watchmen est même une oeuvre importante en ce sens qu’elle réalisait plusieurs choses, la première étant de ramener les pieds des super-héros sur Terre. Moore s’attachait à s’éloigner des carcans dans lesquels évoluaient des Batman, Superman, X-Men et autres afin de proposer à ses propres héros un univers beaucoup plus rationnel, sinon réaliste à ceci près que la chose prend place dans une vision uchronique et dystopique du monde. Pour cela, il replaçait ses personnages dans des rôles similaires à ceux de leurs homologues de DC et Marvel mais néanmoins très différents. De simples justiciers, les Watchmen sont devenus dans les pages du comics des agents de paix aussi dépassés que tous les autres. On se souvient par exemple des interrogations du Hibou lors de la répression d’une manifestation en compagnie du Comédien. Les héros d’Alan Moore ne sont pas les êtres solaires que peuvent être la grande majorité des super-héros ou, tout du moins, ils ne sont pas porteurs d’espoir. Loin de là, ce sont des êtres usés, fatigués, dépassés par les événements au point de raccrocher le costume dans le meilleur des cas ou de complètement péter les plombs dans le pire.

Zack Snyder avait réussi un bien joli coup cette année-là.

L’objet de cette entrée en matière n’est pas de vous faire une critique du roman graphique originel. Loin de là même car si j’ai depuis longtemps l’envie d’écrire un papier à son sujet, l’oeuvre est si dense et si riche que je ne sais jamais par où commencer. Mon idée, c’est plutôt de vous recontextualiser la série en vous évoquant, très logiquement je crois, sa source principale. J’ajouterai à cela que ce que je veux essayer de vous faire passer comme idée, c’est qu’adapter un tel pavé, c’est un projet herculéen. Comment transposer à l’écran un récit aussi complexe que celui-ci ? Zack Snyder y aura apporté sa réponse, aussi simple qu’efficace : copier-coller.
Dans son film de 2009, le réalisateur s’est employé à très (très !) fidèlement amener les cases de la BD à devenir des plans de cinéma. Chaque image prise dans le film n’est alors plus qu’une version animée de la case dont elle est tirée et le Watchmen de Snyder réussit alors l’impossible pari de porter l’aventure sur le grand écran. Evidemment, Alan Moore reste fidèle à lui-même et renie de facto le produit de ce travail, lui qui considère comme nulle et non avenue toute adaptation de ses productions, quelle qu’en soit la forme. Evidemment, qu’on fasse du plan par plan, cela n’empêche pas qu’il faut tailler dans le gras et même si une version extra-longue existe, le film tel que sorti en salles est fatalement amputé de pas mal de choses. Adapter Watchmen c’est aussi cela : faire des concessions. L’autre possibilité alors, plutôt que de vouloir travailler sur le matériau de base, c’est de s’en servir comme support pour proposer tout autre chose. Et c’est là que Damon Lindelof entre en scène.

Damon Lindelof, showrunner de Watchmen

Et Damon Lindelof, son idée à lui ce n’est pas tant de porter Watchmen sur le petit écran mais plutôt de lui donner une suite. C’est ainsi que la version HBO de l’oeuvre se déroule pas moins de 30 ans après les faits relatés par Moore et Gibbons. Voilà, un pari osé là encore. A vrai dire, cela aura même pu faire hausser les circonspects sourcils de plus d’une personne parmi les fans/amateurs/connaisseurs de Watchmen. Que diable va-t-on pondre une suite à cette oeuvre qui se suffit amplement à elle-même ? Et puis d’abord, qui est ce Damon Lindelof ? Ce nom ne m’a rien évoqué au prime abord mais c’est pourtant le producteur des deux Star Trek réalisés par J.J. Abrams, un poste qu’il tenait également sur la série Lost où il officiait aussi comme scénariste. Mais son principal fait d’armes ces dernières années, c’est sans conteste l’acclamée série The Leftovers, également sur HBO.

La filiation fut créée dès les premiers trailers.

Pour en revenir à nos moutons et à nos petites préoccupations quant à l’intérêt de cette série, il est vrai qu’au vu de la conclusion du comics, on peut s’interroger. Sans vous en dévoiler les détails, le récit se terminait sur un climax dantesque et réussissait en quelques pages à mettre un terme à chacun des chapitres ouverts jusqu’alors avec intelligence et brio, sinon avec brutalité dans quelques cas. En tournant l’ultime page du livre, on pouvait alors légitimement se dire que c’était là une sacrée épopée que nous venions de lire, le tout avec la satisfaction d’en connaître une conclusion de parfaite tenue qui ne laisse place à quasi aucun doute, ni aucune véritable ouverture. Toutefois, on peut nuancer cet avis en se disant que si, justement, il y a une ouverture possible, celle d’un carnet qui, justement, constitue l’un des liens essentiels entre le livre et la série. La finesse réside alors dans le caractère presque anecdotique du lien. Il permet à la série de Lindelof de se constituer une base, jouant sur les possibilités que ce fameux carnet auront pu entraîner selon l’imaginaire de chacun et chacune. Watchmen, la série, s’ouvre alors en le mentionnant avec une certaine discrétion mais tout en permettant aux événements qui vont être narrés par la suite de se donner une origine (parmi d’autres) et, mieux encore, une certaine forme de légitimité.

Mais pour parler plus encore de pertinence, il faut avoir en tête ce que j’évoquais plus haut, à savoir la richesse thématique du comics d’origine. Sur ce plan-là évidemment, il serait facile de se dire que ce dernier a fait le taf à l’époque et qu’il n’y a guère besoin de chercher plus loin. Alan Moore est et restera quelqu’un de très intelligent et surtout de particulièrement conscient de son temps, ce qui transpire dans chacun de ses écrits. Cela étant, j’ai bien dit « à l’époque ». Tout aussi fin dans son analyse que puisse être ce roman graphique, Watchmen est paru à cheval sur 1986 et 1987, il y a maintenant plus de 30 ans ! Bien que tristement d’actualité sur certains plans, les thèmes qu’il aborde restent néanmoins des témoins de leur temps dans la façon dont il les traite et les construit. Particulièrement ancré dans son époque et dans le contexte houleux de la Guerre Froide, laquelle commence alors à peine à sortir d’une de ses périodes les plus tendues, Watchmen est un pur produit de son temps. Ce qui va alors rendre la série intéressante, c’est la jonction thématique qu’elle va opérer avec le livre.

Les justiciers parmi la police, évolution étonnante (mais pertinemment abordée) de la situation dans cet univers-là.

S’appropriant les thèmes fondateurs de ce dernier, les réactualisant, cette saison réussit à trouver sa place. Bien entendu, tous ces thèmes ne peuvent plus nécessairement être traités exactement de la même manière, ce qui reviendrait à risquer de manquer d’à-propos. Je prends pour exemple la question du nucléaire. Si elle reste d’actualité, son importance et ses tenants et aboutissants ne sont absolument plus les mêmes qu’à la toute fin des années 1980. Il n’est plus question aujourd’hui de craindre régulièrement qu’un déchaînement de l’arsenal nucléaire survienne (quoique, parfois…). La série effectue alors un intéressant glissement thématique vis-à-vis du comics, soit en modifiant le prisme d’observation, soit en faisant passer avec logique la thématique donnée d’un sujet à un autre. Sur ce dernier point, l’exemple le plus marquant concerne notamment la question globale posée à l’époque par Alan Moore : who watches the Watchmen ? Qui garde nos gardiens ?
Si la question se posait à l’époque à travers le prisme du super-héros et permettait alors d’évoquer à la fois la toute-puissance de ces dieux modernes mais également celle bien réelle des personnes de notre monde qui disposent des plus grands pouvoirs, la série la fait plus directement et sans ambiguïté glisser donc vers le prisme du policier. Watchmen version HBO met en effet en scène des forces de l’ordre désormais masquées, permettant alors d’évoquer des points qui résonnent dans le contexte actuel tout en reprenant à bon compte ceux déjà pris en ligne de mire en 1986-87. Par ce simple procédé, la série se constitue au-delà de la seule suite que l’on voudrait donner aux événements du comics. Il ne s’agit plus seulement de raconter comment le monde a évolué depuis la fin des péripéties du roman graphique mais bien d’accompagner les questionnements et problématiques de ce dernier et des les transposer dans notre monde contemporain. Plus qu’une suite à proprement parler donc, je vois plutôt en cette série un prolongement du raisonnement. Celui-ci peut finalement se targuer d’être fin dans sa façon d’appréhender les thèmes à travers un œil moderne et d’y apporter de nouvelles bases de réflexion.

Le fait de masquer les policiers prend une tournure intéressante au vu des événements du comics.

Au-delà ensuite de la seule cohérence thématique, il s’opère dans la série une véritable cohérence artistique vis-à-vis du comics. Nonobstant ses indéniables qualités narratives, Watchmen brillait également en tant qu’oeuvre de papier par une mise en scène irréprochable, soulignée par l’excellence du dessin de Dave Gibbons. Tout ceci mis ensemble conférait à l’ouvrage toutes les qualités nécessaires pour mériter son statut de chef-d’oeuvre et c’est sur ces forces-là que Damon Lindelof tâche de s’appuyer également dans sa série. La chose est ici plus ardue qu’avec le film de Zack Snyder car si le cinéaste pouvait « recopier » les cases de la BD dans son storyboard, Lindelof et son équipe doivent quant à eux créer leur saison de toutes pièces. Le défi est cependant relevé, avec audace, puisque la série réussit admirablement à recréer l’ambiance générale du comics à l’écran. Un résultat qui découle d’abord d’un travail sur des atours strictement visuels. Les plans, les couleurs, les lumières, tout semble avoir été pensé à travers le prisme de la BD avant toute chose et de manière à poursuivre cette filiation tenace entre les deux œuvres.
Toujours dans la dimension artistique qui permet de relier ces deux Watchmen, il faut également évoquer la construction générale de la série, laquelle emprunte là encore beaucoup au comics. Le récit notamment est conçu dans la même veine, n’hésitant pas à rompre la linéarité en de multiples occasions par exemple. La chose peut alors être faite par des flash backs, assez récurrents dans la saison, ou des torsions plus ou moins floues, soit en emmenant le spectateur dans un autre arc dont il sera de prime abord assez difficile de connaître le lieu et le moment ou lors de séquences plus oniriques. Ce travail n’est pas sans rappeler en particulier tout le travail mené dans la bande dessinée avec l’inclusion dans le récit de cet autre comic book lu par un gamin et racontant les mésaventures d’un naufragé. Lindelof, comme Moore en son temps, cherche ainsi avec finesse à brouiller les pistes, perdre un peu son public pour mieux le retrouver ensuite. La série gagne alors grandement en intérêt dans sa façon d’être conçue comme objet narratif.

Retours en arrières, série dans la série… Watchmen multiplie les subterfuges pour brouiller sa linéarité.

Pour en revenir à des considérations plus pragmatiques et immédiates et si l’on considère cette série en tant que produit télévisuel brut, il faut de toute façon bien admettre qu’elle mérite énormément d’éloges. Sur le strict plan du scénario premièrement, Watchmen par HBO remplit le contrat. Respectueuse du comics comme je le disais plus haut, elle réussit brillamment à proposer cet intelligent et prenant récit, globalement digne de l’oeuvre originale. Il est à mon sens difficile de rivaliser et encore moins d’égaler la richesse et la finesse du récit d’Alan Moore et c’est peut-être en ayant conscience de cela que cette proposition TV s’en sort aussi bien. Tout en étant profondément liée au comics, elle ne cherche pas à se construire totalement dans son ombre, privilégiant au contraire une approche aussi émancipée que possible et ne se raccrochant à l’oeuvre de départ que par quelques éléments bien précis (personnages ou événements) et judicieusement sélectionnés. Sur la base de ce principe, Watchmen s’offre une latitude certaine pour composer son propre microcosme au sein de cet univers et le faire avancer à sa guise. Le comics n’en deviendrait presque plus que le tremplin sur lequel Lindelof prend appui pour lancer ses épisodes.

L’histoire de Sister Night sert de fil rouge durant les 9 épisodes et autour duquel se déploient d’autres arcs.

La chose est utilisée à bon escient finalement puisque tant les personnages que le récit en lui-même et son déroulement convainquent sans peine. La saison, composée de 9 épisodes (j’oubliais presque de le préciser), se laisse regarder avec autant d’intérêt que d’enthousiasme tant son écriture et sa narration font preuve d’une solidité à toute épreuve. Cela, Watchmen le doit non seulement aux éléments que j’évoquais plus haut mais aussi à un impeccable sens de la métrique, chaque épisode constituant une pierre de plus à un édifice qui se construit de manière non-linéaire donc, navigant d’un arc à l’autre, mais dont le résultat final et la qualité ne s’appréciera pleinement que si l’on regarde l’intégralité des épisodes. Un parcours que l’on fait volontiers, la qualité étant toujours plus au rendez-vous à mesure que l’on progresse dans la saison. Une chance alors que celle-ci ne compte que 9 chapitres et sache proposer clairement et simplement un début, un milieu et une fin. La caractère fini du récit offre ainsi au public la satisfaction d’avoir suivi une série d’autant plus maligne qu’elle ne se sent pas obligée de miser sur une sur-enchère d’épisodes et, à terme, de saisons. Alors oui, on pourrait très bien donner suite aux aventures de Sister Night ou Mirror – deux des nouveaux Watchmen – mais on peut également très bien s’en passer. Les ultimes instants de la saison ont ça de bon qu’ils laissent la porte ouverte sans créer de besoin absolu : même si elle peut être continuée, l’histoire est terminée. Dans le contexte actuel de la production télévisuelle, une telle initiative ne peut que me réjouir.

L’impact visuel du masque de Mirror est génial !

Cette histoire est par ailleurs agréable à suivre non seulement parce qu’elle est très bien ficelée et très bien racontée mais aussi parce qu’elle est foutrement bien mise en scène. Rejoignant sans difficulté le panthéon de toutes ces séries à la fibre cinématographique assumée, Watchmen jouit d’un traitement esthétique et visuel exemplaire. Il serait vain de vouloir disserter pendant des heures sur la question tant l’avis final se suffit à lui-même : cadrages, lumières, plans, compositions… En plus d’idéalement réaliser cette filiation avec le livre, le tout se montre parfait. Il en va d’ailleurs de même pour la musique, composée par Trent Reznor (leader de Nine Inch Nails) et Atticus Ross (membre du même groupe depuis 2016). Les morceaux du duo ne cherchent jamais à en faire trop, seulement à accompagner le déroulé de la série et à lui donner une patte particulière, conférant finalement à celle-ci une musicalité très à-propos. On en retiendra surtout l’excellent thème principal et cette fabuleuse reprise instrumentale de Life on Mars? de David Bowie.

Quelques derniers mots, enfin, pour évoquer le fait que si Watchmen fonctionne aussi bien, que ce soit en termes d’ambiance, de récit ou de produit brut, c’est aussi un peu grâce à ses personnages. Là encore, difficile de passer après les emblématiques Dr. Manhattan, Comédien, Hibou, Spectre Soyeux, Rorschach ou Ozymandias.
Question de filiation encore, tous seront volontiers évoqués dans cette première saison et trois d’entre eux feront également leur retour en personne. Je n’en dis cependant pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de celles et ceux qui ne se seraient pas encore lancés dans le visionnage. Enfin bref, matérialisations (parmi d’autres) des thèmes évoqués dans le roman, ces personnages devaient voir leur successeur au moins s’approcher de leur iconique statut pour prétendre à devenir de fiers successeurs. La chose est au final assez ambivalente dans les faits.
La série met en gros en scène deux justiciers principaux, Sister Night et Mirror, que côtoient d’autres « héros » plus mineurs comme Peur Rouge ou – plus anecdotiquement encore – Panda. Damon Lindelof ne cherche donc pas à mettre en scène un groupe dysfonctionnel de super-héros comme a pu le faire Alan Moore mais plutôt à décrire le parcours de justiciers (sur plusieurs époques d’ailleurs) dont la place se montre toujours plus complexe dans le monde actuel. Le traitement n’est alors plus vraiment le même et si les questionnements quant au rôle à jouer des super-héros (et ceux qui en découlent) sont toujours de mise, le scénario de cette saison mise également beaucoup sur l’aspect humain de ces personnages. Leur héritage, leur construction en tant qu’individus, tout y passe ou presque. Mais si le traitement de fond de ces nouveaux protagonistes (y compris ceux que je n’ai pas mentionnés ici) mérite globalement notre attention, je continue cependant de croire que le meilleur de la série réside dans le reste.

Impeccable Regina King.

La distribution n’est cependant pas en reste et tire plus qu’habilement parti de cette galerie de personnages. Evidemment, on ne peut que mettre l’accent sur Regina King, actrice principale qui incarne donc Sister Night. Jouissant d’un personnage à l’écriture ciselée, sinon complexe parfois, King livre une performance tout à fait appréciable. La comédienne, vue notamment dans Si Beale Street Pouvait Parler en 2018, réussit en effet à pleinement s’emparer de son rôle et à lui donner une force notable, pleine de caractère. Comment ne pas également souligner l’impeccable interprétation de Tim Blake Nelson. Incarnant de son côté Mirror, Nelson arrive un peu à faire de son personnage « le Rorschach » de cette série. Si les deux justiciers n’ont finalement que peu de choses en commun, ils partagent toutefois cet aspect torturé et psychotique éminemment important au regard des thématiques abordées et du contexte dans lequel évoluent les deux personnages. Mirror devient alors, plus encore qu’un partenaire pour Sister Night, une composante de l’atmosphère générale de la saison. Et puis, de toute façon, c’est un putain d’acteur Tim Blake Nelson, voilà tout. Tout comme Jeremy Irons, lequel trouve ici un rôle à sa juste mesure mais dont je ne dirai rien de plus, pour laisser intact le plaisir de la découverte.

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Je conclus sans m’éterniser quant au reste du casting, bien conscient que ce n’est clairement pas la chose dont je sais le mieux parler. Gardez simplement en mémoire qu’il n’y a dans l’ensemble rien à redire. C’est à l’image de cette première saison en tous cas, laquelle fait montre de qualités plus que notables. Soucieuse de bien faire et surtout de ne pas trop en faire, Watchmen livre la juste dose qu’il nous fallait pour appréhender cette suite aussi inattendue que réussie finalement. Damon Lindelof peut en effet se targuer d’avoir su composer intelligemment avec l’héritage du comics tout en s’en émancipant et sans dénaturer l’univers préétabli par Moore et Gibbons. Réactualisant les grands principes fondateurs de la BD, cette saison ne marque pas un seul faux pas et se laisse regarder avec une facilité déconcertante. Une aisance qui ne témoigne cependant pas d’une trop grande simplicité dans l’approche. Bien au contraire, Watchmen s’inscrit dans la parfaite lignée de son comics inspirateur et en devient un parfait héritier. Au fond de moi, j’aime à croire que même Alan Moore pourrait y trouver du bien à en dire. Ce qui ne serait pas rien. Mais Alan Moore est et restera toujours Alan Moore et c’est comme ça qu’on l’aime.

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