Sélection de jeux pour rester chez vous

Vient un moment où nous allons bien devoir nous en rendre compte et accepter la terrible fatalité : non, nous ne recevrons ni Animal Crossing, ni Doom, ni quel que jeu que ce soit en temps et en heure cette fin de semaine. Confinement oblige, tout tourne légitimement au ralenti et les éditions physiques des nouveautés vidéoludiques ne sauraient être acheminées partout comme si de rien n’était. Fort heureusement, le monde du jeu vidéo a bien évolué depuis quelques années et ce n’est pas comme si nous n’avions pas de PS Store ou de d’eshop Nintendo ou même de Steam sous la main, pour ne citer que ceux-là ! Il nous est possible, en cette période de quarantaine générale, de se trouver quelques titres à se mettre sous la dent sans mettre le nez dehors, n’est-ce pas formidable ? Ainsi en va-t-il par exemple des deux nouveautés que j’évoquais juste avant mais ici je fais le choix de vous parler de choses plus indés, ou que vous ne trouverez peut-être pas en physique. Pourquoi cet article d’ailleurs ? Parce qu’il faut que VOUS RESTIEZ CHEZ VOUS !

Avant toute chose, comprenez ceci : les jeux dont je vais vous parler dans cet article ne sont pas nécessairement récents. Leurs seuls points communs sont d’avoir été des titres que j’ai découverts pour la plupart par hasard ou grâce au bouche à oreille d’une part et d’être des jeux téléchargeables pour pas trop cher (voire pas cher du tout) sur les différents stores que nous connaissons. Je ne prétends donc pas vous faire de grande révélation mais plutôt vous parler de ces « petits » jeux auxquels j’ai pu m’adonner au cours de ces dernières années sans jamais leur réserver un quelconque article sur ces pages. D’une pierre deux coups : je vous en parle enfin et je vous donne quelques pistes pour occuper vos journées pendant le confinement.

Firewatch

Développé par Campo Santo et sorti en 2016, Firewatch est un titre dont le pitch de base loge sur un quart de post-it : vous incarnez un garde forestier qui doit surveiller une forêt pendant l’été. Rapide et concis. Pour autant, l’idée va plus loin que cela. L’homme en question n’est pas vraiment garde forestier. En réalité, Henry est un mari qui fuit les problèmes que son couple traverse alors que sa femme s’enlise toujours plus dans la démence. De base, le personnage que nous incarnons dans ce jeu amène avec lui une charge émotionnelle qu’une introduction qui se résume à quelques écrans de texte successifs suffit à poser d’entrée de jeu. Il ne s’agira donc plus de seulement surveiller une forêt mais aussi de suivre ce bonhomme et ses états d’âme. Dans ce cheminement personnel interviendra également Delilah, collègue postée dans une autre tour de surveillance.

Un bon bol d’air frais.

Il aurait été facile de croire que Firewatch se serait contenté d’être une sorte de simulateur de garde forestier mais il n’en est rien finalement. Si le rôle qui nous incombe dès le départ se trouvera mis en scène par diverses interventions, notamment auprès de deux adolescentes assez peu soucieuses du respect de l’environnement, il sera surtout prétexte à toute autre chose. Premièrement, il y a l’intrigue qui se noue dans cette forêt du Wyoming. Cette dernière renferme en effet son lot de secrets : ceux d’Henry, ceux de Delilah mais aussi et surtout ceux d’abord intangibles d’une mystérieuse présence qui va se faire de plus en plus menaçante à mesure que l’on progresse dans le jeu. Je ne vous en dis évidemment pas plus mais croyez moi quand je vous dis que la chose devient réellement prenante. Ensuite, ce rôle de garde forestier est prétexte au gameplay du titre, sorte de hiking simulator (simulateur de randonnée, si vous préférez) où l’on marche tranquillement dans la peau d’Henry, où l’on crapahute même autant que possible, parcourant cette jolie aire naturelle au gré de descentes en rappel et autres petites sessions d’escalade ou de spéléologie.

Servi par une direction artistique vraiment jolie et une musique tout aussi appréciable, Firewatch est vraiment un jeu incontournable et d’une douceur folle dont mon seul regret sera finalement d’avoir attendu aussi longtemps avant de m’y mettre : je ne l’ai en effet découvert que cette année, sur PS4. Nul doute en tous cas qu’en cette période où nous devons toutes et tous rester chez nous pour participer pleinement à l’endiguement de cette foutue épidémie, ce sera une véritable bouffée d’air frais pour vous.

Firewatch est disponible sur PC, Mac, Xbox One, PS4 et Nintendo Switch pour 19,99€.

Journey

Je me souviens de quand Journey est sorti : tout le monde en parlait. Mais vraiment tout le monde, comme si ce jeu était la plus incroyable expérience qu’on leur ai proposée depuis toujours ou presque. Cela étant, le titre étant une exclusivité PlayStation, je n’avais pas eu le loisir de m’y adonner à l’époque. Il aura fallu attendre sept ans et une promo pour que je lance enfin le jeu, sur la PS4 récemment acquise.

Pour s’évader un peu.

Ce qui est intéressant alors, c’est le décalage entre les souvenirs que j’avais de l’enthousiasme généralisé autour du titre et l’expérience que fut la mienne. J’ai surtout le souvenir de la poésie du titre que tout le monde louait dans des critiques dithyrambiques et là, franchement, comment ne pas être d’accord ? Mutique, Journey nous fait incarner un petit personnage dont nous comprenons bien vite malgré l’absence du moindre mot écrit ou parlé durant tout le jeu son objectif : gravir une montagne au sommet de laquelle semble se cacher quelque chose d’incroyable. Nous avançons alors avec ce petit être sans nom au gré de niveaux que l’on traverse en résolvant de petites énigmes. Je me refuse à en dire trop, alors que j’étais parti pour donner quelques détails, car je crois que quiconque découvrirait ce jeu aujourd’hui comme ce fut mon cas mérite d’avoir une expérience vierge de tout indice sur ce que tel ou tel niveau peut receler. Retenez seulement cette immense poésie, bercée d’une mélancolie douce et accompagnée par cette bande originale parmi les plus appropriées que j’aie pu entendre dans un jeu vidéo.

Journey est disponible sur PS4 et PC pour 14,99€.

Katana Zero

Sorti il y a quasiment un an, Katana Zero est un jeu développé par Askiisoft et édité par Devolver sur PC et Switch. A la fois jeu d’action et platformer, le titre nous met en scène dans la peau d’un samouraï amnésique exécutant divers contrats d’assassinats. Impossible en y jouant de ne pas songer un seul instant à Hotline Miami, lequel est à l’évidence une influence majeure de ce jeu qui troque cependant la vue du dessus de cet autre titre pour une vue de côté. Nous nous retrouvons alors à dézinguer à tours de bras et à grands coups de sabre, le tout avec une vivacité de fou dans des niveaux où le moindre détail doit parfois être l’objet de notre attention si l’on ne veut pas mourir.

Un vrai bon défouloir.

Cependant, la mort n’est pas une fatalité en soi dans Katana Zero. Au moment où notre personnage tombe, il est en effet possible (obligatoire même) d’effectuer un rewind, comme si on rembobinait une vieille VHS de vidéo surveillance. Le jeu nous replace alors quelques instants avant la mort de notre personnage et nous offre une nouvelle chance d’avancer sans heurts. Au-delà du parti-pris de game design, ce petit choix de jeu offre à Katana Zero le début d’un fond beaucoup plus dense qu’il n’y paraît. Sur la question je vous renvoie d’ailleurs dès que vous aurez l’occasion de vous en saisir au numéro 71 du magazine JV qui consacre une chronique à la chose, le tout sous la plume de Yann François. Mais d’ici là, retenez l’essentiel : Katana Zero un jeu très divertissant, intelligent dans le fond comme dans la forme, véritable défouloir comme Devolver sait nous en apporter, le tout avec une OST new wave/synth wave des plus cool et une direction artistique vraiment jolie (même pour quelqu’un comme moi qui peut vite se lasser de ce style « néo-rétro »).

Katana Zero est disponible sur PC et Switch pour 12,99€ (PC) ou 14,99€ (Switch).

Kingdom – New Lands

C’est au détour d’une grande vague de promotions sur l’eshop de la Switch que j’ai découverts Kingdom – New Lands. Le jeu repose sur un concept somme toute très simple : nous incarnons un(e) monarque qui (re)bâtit son royaume en s’aventurant toujours plus loin. Reposant sur une vue 2D de côté, nous errons littéralement de droite à gauche afin de recruter hommes et femmes pour servir ce vaste projet en tant que soldats ou artisans.

Leu jeu fait par ailleurs preuve d’un minimalisme reposant.

Dans la forme, Kingdom – New Lands se révèle très simple à prendre en main. Comme je le disais, nous nous aventurons sur des terres plus ou moins sauvages afin de recruter autant de personnes que possible qui nous serviront ensuite à cultiver les terres, ériger les défenses de notre camp de départ et les défendre. Car évidemment, les choses ne sont pas paisibles et notre campement sera régulièrement attaqué par diverses créatures. Dès lors, rien à faire : seules les défenses que vous aurez su mettre en place décideront de la résistance de votre royaume riquiqui. Mais attention, les assauts seront de plus en plus longs et de plus en plus forts ! A vous alors de tenir aussi longtemps que possible jusqu’au moment où vous pourrez enfin changer de région et donc de niveau.  Facile à prendre en main, Kingdom – New Lands peut toutefois s’avérer retors et exigeant, réhaussant sans cesse le challenge et s’offrant par la même une longévité certaine.

Kingdom – New Lands est disponible sur PC, Mac, iOS, Android, Switch, PS4 et Xbox One pour 14,99€.

Tetris 99

Qu’il serait vain bien sûr de présenter encore Tetris en 2020 ! Le célèbre jeu vidéo créé en 1984 a connu suffisamment de portages et variantes pour qu’à peu près tout le monde y ait déjà joué, toutes générations confondues. Empiler des blocs, faire disparaître des lignes… On a tous déjà fait ça, que ce soit sur Game Boy ou sur ces espèces de petites consoles de supermarché qui contenaient souvent bien des jeux dont le fameux Tetris. Pionnier parmi les jeux vidéo de casse-tête, il aura été décliné sous bien des formes et, à l’heure des battle royales qui inondent le marché, même lui a cédé à cette mode !

Comme tout battle royale qui se respecte, chaque partie en appelle une autre !

C’est à Nintendo que l’on doit cette nouvelle itération du célèbre titre avec Tetris 99 dont le développement a été confié à Arika, studio à qui l’on doit notamment la série des Tetris : The Grand Master entre 1998 et 2008. Là encore, concept très simple : 99 joueurs et joueuses s’affrontent en jouant à Tetris. Les blocs s’empilent, les lignes sautent et chaque disparition d’une ligne permet d’envoyer une attaque à un ou plusieurs autres concurrent(e)s. Ces attaques provoquent notamment l’ajout de lignes dans les tableaux de ces cibles et les conduisent à redoubler de vigilance pour ne pas perdre trop vite. Tetris 99 présente également la particularité d’être, dans sa version de base, gratuit pour les abonné(e)s du service Switch Online. Ici, deux modes de jeux coexistent : chacun-pour-soi et affrontements par équipe. Dans ce dernier (et récent) cas, les participant(e)s se répartissent en 4 équipes dont les effectifs peuvent d’ailleurs être particulièrement déséquilibrés, ajoutant encore au défi si vous vous retrouvez dans une team en infériorité numérique nette. Un DLC payant permet également d’ajouter deux modes de jeu dont le premier amène le joueur à se retrouver seul face à 98 adversaires gérés par l’IA, tandis que le second est un mode infini où le but est simplement d’atteindre le score le plus haut possible. Il n’en demeure pas moins, même si vous vous contentez comme moi de la version de base du soft que Tetris 99 renouvelle avec brio tout le concept original du titre et se révèle comme une invitation au challenge particulièrement prenante.

Tetris 99 est disponible sans frais supplémentaires (hors DLC) pour les abonnés Switch Online.

The Way Remastered

A l’origine, The Way est un titre développé par Puzzling Dream et financé de manière participative sur Kickstarter dès 2014 pour finalement arriver sur PC en 2016. Inspiré par divers illustres titres comme Another World ou FlashbackThe Way nous met en scène dans la peau d’un astronaute dont la femme est morte et qui va tout faire pour la ramener, y compris partir sur une autre planète. Si le pitch de base du jeu n’est certes pas le plus réjouissant qui soit, il est surtout le point d’appui sur lequel va se baser tout le propos du jeu.

Les influences de The Way se font très vite sentir.

En soi, le titre propose une aventure 2D mêlant plateformes, action (un peu) et résolution d’énigmes au service d’une histoire des plus touchantes. Mêlant la poésie à la mélancolie, The Way propose un parcours qui se révèle bien vite plus personnel qu’il n’y paraît car au-delà des troubles qui marquent le personnage principal que nous incarnons ici, ce sont des questionnements que tout un chacun peut se poser qui émaillent sans cesse le fond de ce jeu. La perte de l’être cher, le deuil et ses différentes phases, tout y passe. Il serait cependant de croire que ce titre n’est que triste. Tout au contraire, son scénario amène avec lui une variété de ton qui en font au final une oeuvre d’un grand optimisme et qui dépasse volontiers sa triste situation initiale pour se rendre vers des horizons thématiques plus heureux. Notez enfin la superbe direction artistique de ce jeu ainsi que son OST qui teinte admirablement l’ensemble !

The Way est disponible sur PC et sur Switch (version Remastered) pour 14,99€ (le jeu est actuellement à 1,49€ sur Switch par ailleurs).

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Voilà donc pour cette rapide sélection de titres. Cette article n’a aucune autre prétention que vous présenter sommairement quelques jeux que vous pouvez aisément trouver à télécharger sur différents supports afin d’accompagner vos journées de confinement. J’espère que ce petit lot de titres saura suffisamment titiller votre curiosité et si vous souhaitez cinq idées supplémentaires, je vous renvoie à cet autre article que j’avais publié il y a quelque temps et où je vous soufflais déjà quelques idées de jeux relativement méconnus et pourtant de grande qualité !
Je conclus cet article-ci en vous implorant de faire attention à vous et aux vôtres. Le coronavirus n’est pas quelque chose qui doit être prise à la légère et il convient que nous fassions toutes et tous le nécessaire pour nous protéger et éviter d’infecter nos proches, notamment les plus fragiles. C’est une crise sanitaire grave dont nous verrons le bout, cela va sans dire, mais notre effort collectif doit aller dans ce sens : ne sortez de chez vous que pour des motifs impératifs. Soyez vigilants et veillez à appliquer les consignes sanitaires de la manière la plus stricte possible. Soyez irréprochables et c’est ainsi que cette période de confinement, difficile à vivre pour tout le monde (quoi qu’on en dise), pourra toucher à son terme au plus vite. Il n’y a pas à chipoter : l’épidémie s’éteindra si nous veillons autant que possible à ne pas lui donner la chance de se poursuivre.

Faites attention à vous.

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