C’est l’été, il fait chaud, parfois trop et on se dit qu’il fait bien meilleur chez soi plutôt que sous un Soleil étouffant (et encore…). On se tourne alors vers nos activités ludiques d’intérieur, cinéma, séries, bouquins ou encore jeu vidéo. On se rappelle d’ailleurs que le Summer Game Fest est passé il y a peu puis on se souvient du nombre incalculable de nouveaux titres qui ont été présentés et annoncés pour sortir durant cette période estivale. Au final, on ne sait que choisir. C’est là que cette sélection indestivale entre en jeu : je vous propose 5 titres, tous issus de la scène indépendante, tous déjà disponibles depuis quelques semaines, mois ou même années. Et surtout, tous à 20€ maximum afin que vous puissiez vous trouver une nouvelle occupation sans y passer tout votre budget de vacances.

Donut County

C’est par un drôle d’objet que j’entame cette sélection. Donut County, développé par Ben Esposito, est un jeu dans lequel nous incarnons un trou. Ce trou, nous le déplaçons dans différents niveaux presque semblables à des dioramas, engloutissant tout ce qui s’y trouve. Ce faisant, nous agrandissons encore et encore notre trou, lui donnant la possibilité d’avaler des choses de plus en plus grosses, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien dans le niveau. Un drôle d’objet donc, conçu au cours d’une game jam dont le but était de développer des jeux basés sur les scénarios ébauchés par le compte Twitter Peter Molydeux (qui parodiait le développeur britannique Peter Molyneux, l’homme derrière Dungeon Keeper ou encore les Fable).
Le pitch de Donut County est assez simple en soi : BK, un raccoon qui possède un magasin de donuts, a commencé à utiliser une appli pour livrer lesdits donuts. Sauf que les donuts sont en réalité des trous (que nous contrôlons donc), d’où cette situation étonnante. En soi, le jeu est alors assez simpliste, ce qui ne doit pas être pris de manière péjorative. En se contentant de nous demander de déplacer ces trous, Donut County offre une expérience de jeu tout à fait délassante, ponctuée de puzzles à résoudre en vue de tout faire tomber dans l’abîme. On retrouve alors une forme de minimalisme dans le gameplay qui n’est pas pour me déplaire.
A ce minimalisme, le développeur a ajouté une touche d’humour loufoque, absurde, emprunté tout autant qu’une partie de son game design à Katamari Damacy, ce jeu de Namco sorti en 2004 et dans lequel nous devions reconstituer les étoiles et les constellations avec une boule adhésive (katamari) afin d’amasser des objets et de la faire grandir jusqu’à ce qu’elle soit assez volumineuse pour former une étoile. Inversant ce postulat de game design, Donut County se crée sa propre originalité dans la continuité de ce titre culte. En résultera au final un titre certes très court (comptez deux heures) mais néanmoins réjouissant et satisfaisant à parcourir.

Donut County est disponible sur PS4/PS5 et consoles Xbox (12,99€), sur Steam (12,29€), sur GoG et Switch (11,99€, actuellement en promo à 3,59€ sur GoG et 3,49€ sur Switch*), sur iOS (5,99€) et enfin sur Android (4,29€).
*La promotion sur Switch prend fin ce dimanche 25 Juin !
LEGO Builder’s Journey

S’il y a bien une activité que j’associe aux vacances (entre autres), ce sont les LEGO. Les petites briques et figurines danoises ont en effet été un pilier de mon enfance et j’ai souvenir de nombreux véhicules construits pour arpenter la pelouse chez mes parents. C’est donc un peu dans l’ordre des choses que je vous propose de jouer à LEGO Builder’s Journey.
Sorti en 2021, le titre a été développé par Light Brick Studio, qui se présente comme « un faiseur de jeux créatifs numériques« . L’idée derrière cette accroche est intéressante et renvoie à tout ce que l’on peut envisager en imaginant un jeu LEGO. Cependant, avec Builder’s Journey, ne vous attendez pas trop à faire de la construction pure et dure. Pour cela, on se tournera plutôt vers LEGO Bricktales sorti l’an dernier. Avec Builder’s Journey, l’idée est moins de laisser place à une imagination débordante de la part du public que de le mettre face à des puzzles à résoudre à l’aide de briques simples et selon des raisonnements relativement minimalistes, encore une fois. L’on ne nous demandera pas ici de construire un avion ou de bâtir un pont en bonne et due forme, non.
Le concept de Builder’s Journey repose plutôt sur une idée de débrouillardise, de capacité à faire quelque chose avec le peu de ressources mises à disposition. En définitive, le mode de réflexion qui se met en place ici n’est pas celui que l’on ressent face à un set préconçu et vendu par LEGO. On se retrouve plutôt tel que nous serions face à une caisse remplies de briques en tous genres et dont il faut faire quelque chose, n’importe quoi, en bricolant. Au sein des petits dioramas que le jeu met en scène, nous incarnons alors un petit bonhomme à l’allure elle aussi minimaliste et dont l’objectif sera de rejoindre son père.
Pour cela, nous bricolons notre chemin à travers ces niveaux certes étroits mais néanmoins d’une grande douceur. Mutique, calme, prompt à laisser l’esprit s’évader tout en appelant à l’imagination des joueurs et joueuses, LEGO Builder’s Journey est un excellent moyen de se poser et de simplement se laisser porter par une petite aventure. Personnellement j’en suis ressorti avec l’envie de le refaire de temps en temps, le jeu n’étant par ailleurs pas très long (2h-2h30 environ).

LEGO Builder’s Journey est disponible sur Switch, consoles Xbox et PS4/PS5 (19,99€), sur Steam et dans l’Epic Games Store (16,99€) ainsi que dans l’abonnement Apple Arcade.
Lonely Mountains: Downhill

Une thématique que j’aime bien mettre en avant dans ces sélections indestivales, c’est celle du grand air et de la balade. Que ce soit avec A Short Hike, Firewatch ou Old Man’s Journey les années précédentes, j’ai toujours cherché à placer dans le lot un ou deux jeux qui sente bon le sentier de montagne, la randonnée ou les fleurs des champs. Cette année, le candidat idéal pour cela, c’est Lonely Mountains: Downhill.
Développé par Megagon Industries et édité par Thunderful, Lonely Moutains est un jeu de descente à vélo. Nous incarnons donc un(e) cycliste qui, à cheval sur son VTT, va se lancer sur les flancs de quatre montagnes (et une cinquième en DLC) afin de dévaler les pistes et sentiers les plus abrupts. Le jeu se révèle très vite assez exigeant en réalité, le contrôle du vélo pouvant s’avérer parfois tendu tandis que le moindre faux pas amènera à un retour au dernier checkpoint croisé. Ceci étant, on se plait à dévaler ces montagnes, en particulier pour le cadre qu’elles offrent.
L’équipe de Megagon a en effet apporté une attention toute particulière à l’ambiance dans ce jeu, laquelle se retrouve expurgée de tout ce qui peut nous sortir de l’expérience. Pas de musique, juste le bruit des roues, d’oiseaux çà et là, de cloches de vaches au loin… Dans un cadre des plus sereins, Lonely Mountains compense la frustration de devoir parfois s’y reprendre à de nombreuses reprises par une atmosphère des plus champêtres. Mieux encore, si le titre appelle en premier lieu les joueurs et joueuses à parcourir ses circuits selon des critères définis – notamment pour débloquer les suivants -, il finira par les récompenser avec un mode libre où chacun(e) sera libre de reprendre l’intégralité de ces chemins comme bon lui semble.
Attention cependant à ne pas céder à cette quête du freeride trop tôt ! J’en ai fait l’expérience : si le jeu attend de vous que vous fassiez le parcours en un temps donné, ne prenez pas de raccourcis qui vous fasse sauter des checkpoints, ce serait synonyme d’échec… Un petit « défaut » de game design à mon sens (le jeu laisse des raccourcis très visibles mais « punit » quiconque les prendra à un moment inopportun) qu’il faut avoir en tête mais qui, si on accepte de faire avec, ne gâchera en rien l’expérience. Et l’on reviendra à ces montagnes en s’imaginant le vent fouetter notre visage alors qu’un énorme rocher arrive et qu’on se demande bien comment on va l’éviter…ou l’utiliser comme tremplin !

Lonely Mountains: Downhill est disponible sur Steam*, Switch*, consoles Xbox (dont Gamepass) et PS4/PS5 (19,99€)
*Le jeu est en promo à 7,99€ sur Steam (jusqu’au 29/06) et sur Switch (jusqu’au 02/07)
Planet of Lana

Planet of Lana sera un peu la caution « jeu de cette année » au sein de cette sélection indestivale. Sorti en Mai dernier, le jeu a été développé par le studio suédois Wishfully – dont il s’agit du premier titre – et édité par Thunderful, encore eux. Au programme : une invasion extra-terrestre et la quête de la jeune Lana pour retrouver sa sœur.
Annoncé dès le Summer Game Fest 2021, Planet of Lana avait fait sensation à l’époque pour sa direction artistique des plus notables. Avec ses décors naturels et colorés, dans leur style peint à la main, le titre avait su s’attirer un coup de projecteur rien qu’avec sa force visuelle. A côté de cela, Planet of Lana est un cinematic platformer, à caler donc dans le long héritage de Limbo aux côtés de jeux comme Inside, The Way ou – pour citer des titres plus anciens – Flashback ou Another World.
A ces deux derniers, ce jeu-là emprunte d’ailleurs certains éléments de gameplay, dont la façon qu’a Lana de se mouvoir ou même de grimper sur le rebord d’une falaise (là, Flashback m’est systématiquement revenu en tête). Le jeu pourrait alors sembler souffrir d’une certaine rigidité dans ses contrôles mais l’affaire n’est finalement pas aussi gênante qu’elle aurait pu l’être. Nourrie par les expériences plus récentes des jeux de Playdead, cette proposition arrive à joliment équilibrer cette lenteur et une modernité qui la compense adroitement.
En résulte un jeu qui, dans cet univers qui m’a véritablement épaté les mirettes du début à la fin, offre une agréable expérience ludique, quoiqu’un peu courte. La présence du petit compagnon animal apporte par ailleurs un semblant de renouvellement bienvenu au genre. Enfin, comment ne pas apprécier le caractère référencé du jeu, lequel multiplie les clins d’œil aux grandes œuvres de science-fiction mais également au cinéma de Steven Spielberg ? Tout particulièrement, Rencontres du Troisième Type et son adaptation de La Guerre des Mondes seront convoqués pour épaissir un peu l’atmosphère de Planet of Lana, qui n’en oublie cependant pas de se forger une patte propre. Ceci étant dit, si Planet of Lana vous plait, je vous recommande également de porter votre attention sur Planet Alpha, sorti en 2018, et dont on ne pourra que noter l’influence sur ce jeu-ci.

Planet of Lana est disponible sur Steam et consoles Xbox (19,99€ + présent dans le Gamepass)
Road 96

Je sais qu’il n’est plus vraiment nécessaire de présenter Road 96 mais, à l’heure où son spin off vient de sortir (Mile 0, en Avril dernier), j’avais toutefois envie de remettre une couche sur ce jeu qui fut l’une de mes plus chouettes découvertes indés de ces derniers mois. Cet enthousiasme, je le partage avec beaucoup de monde, le titre de DigixArt ayant reçu de nombreux éloges et prix.
Il faut dire que Road 96 est une sacrée merveille. Le jeu met en scène tout un lot d’adolescents qui cherchent à prendre la route pour fuir Petria, pays fictif soumis à la dictature, le tout sans se faire arrêter ou même tuer. Alors non, sur le papier l’affaire n’est pas particulièrement réjouissante. Mais derrière les aspects politiques du titre (assez bien menés, notez) se cache surtout un sentiment d’évasion au sens propre.
A travers différents personnages que nous incarnons en les choisissant toujours parmi plusieurs (ce qui laisse imaginer la richesse du titre si on cherche à tous les jouer), évoluant alors dans des chapitres et sur des routes où nos choix, nos rencontres et nos actions auront des conséquences des plus concrètes, Road 96 ne nous parle pas que l’émancipation d’une jeunesse ou de révolte. Car si le climax du jeu restera en grande partie vissé autour de ces idées, c’est sans aucun doute dans tout ce qui gravite autour que DigixArt a le plus réussi à donner un âme à son œuvre. Dans la route que l’on emprunte le plus souvent seul, parfois accompagné, souvent avec quiétude, de temps en temps avec le sentiment d’être traqué… Véritable road trip aux multiples visages, Road 96 est un carnet de voyage multiple, tendre et touchant, emprunt d’une grande humanité.
Les différents échanges (positifs ou négatifs) que l’on aura avec les PNJ alimentent un peu plus cet aspect, conférant à chaque expérience individuelle sur le jeu une dimension éminemment personnelle renforçant encore un peu les thématiques qu’il cherche à développer. Tout cela est rendu encore plus efficace par les mécaniques que le game design implique. Par la gestion de l’énergie physique du personnage incarné ou de son maigre porte-monnaie, les choix disponibles évoluent par la force des choses, rendant l’accès à une chambre de motel possible ou non, donnant la possibilité ou non d’utiliser une cabine téléphonique, et ainsi de suite…
La façon de jouer de chacun(e) devient alors partie prenante du parcours réalisé, donnant enfin à ces road trips parallèles un caractère presque organique qui replace au mieux les joueurs et joueuses au cœur de l’expérience. Road 96 est un véritable coup de cœur. Même une fois fini, on veut y retourner.

Road 96 est disponible sur consoles Xbox* et PS4/PS5 (19,99€), ainsi que sur Switch**, Steam, Epic Games Store et GoG*** (19,96€)
*En promo à 6,99€ actuellement + dispo dans le Gamepass
**En promo à 5,98€ jusqu’à ce dimanche 25/06 !
***En promo à 6,99€
Ainsi s’achève cette sélection indestivale 2023. J’espère que vous y aurez trouvé votre compte et que les différentes indications pour dénicher ces jeux aux meilleurs prix finiront de vous convaincre de vous les procurer. Ces cinq titres constituent des découvertes que j’ai été ravi de faire ces derniers mois et j’espère avoir su vous donner l’envie de leur donner une chance à votre tour, si tant est que vous ne l’avez pas déjà fait. Par ailleurs, si cette sélection ne vous suffit pas, n’hésitez pas à aller jeter un œil sur les éditions de 2021 et de 2022 afin de remplir un peu plus votre musette. Je ne garantis pas que les indications tarifaires sur ces articles soient toujours d’actualité (surtout si j’y mentionnais des promotions) mais gageons que vous y trouverez votre bonheur tout de même !
De mon côté, je vous laisse sur cet article qui va donc conclure la saison pour le blog. Une saison particulière, bouleversée par un changement de rythme (bimensuel au lieu d’hebdomadaire) et bousculée également par des impératifs personnels qui m’ont régulièrement empêché de prendre le temps d’écrire autant que je l’aurai voulu. On se retrouve donc d’ici quelques semaines, le temps de reprendre du souffle et de préparer le retour aux affaires un peu plus sereinement. A la rentrée, j’aurai peut-être quelque chose de nouveau à vous présenter d’ailleurs, alors j’espère que vous serez au rendez-vous ! Ne me reste alors qu’à vous souhaiter un bel été !

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