« Jojo Rabbit », Taika Waititi, 2019

Jojo Rabbit, comédie dramatique de et avec Taika Waititi. Avec aussi Roman Griffin Davis, Thomasin McKenzie, Scarlett Johansson, Sam Rockwell…

Le pitch : En pleine Seconde Guerre mondiale, le jeune allemand Jojo Betzler (R. Griffin Davis) est un admirateur complet du dictateur Adolf Hitler (T. Waititi), lequel est même devenu son loufoque ami imaginaire. Ensemble, Jojo et Adolf tâchent de faire au mieux pour faire honneur au Führer en intégrant notamment les Jeunesses Hitlériennes. Mais le fanatisme du jeune garçon est bientôt mis à mal par l’entrée dans sa vie d’une personne tout à fait inattendue.

La critique : Récemment multinomminé un peu partout et auréolé d’un BAFTA et d’un Oscar pour son scénario, Jojo Rabbit est en quelque sorte devenu la petite perle dont tout le monde parle en cette fin 2019/début 2020. Réalisé par un Taika Waititi qui prend un peu de distance avec les blockbusters Marvel (pour mieux y revenir avec Thor – Love and Thunder), Jojo Rabbit a pourtant un pitch qui peut surprendre : nous y suivons un gamin dont l’ami imaginaire n’est autre qu’Hitler, dans une version fatalement très sympathique. Au risque de minimiser sa cruauté et tout ce qu’il a pu commettre ? Ce serait mal connaître Waititi.

Avant toute chose, il faut toutefois que je vous précise que je connais au final assez peu le cinéma de Taika Waititi. Pour tout dire, je n’avais jusqu’ici vu que deux films de ce réalisateur : Thor – Ragnarok et son hilarant Vampires en Toute Intimité (What We Do in the Shadows en VO). Par ces deux projets, j’ai de ce cinéaste l’image d’un homme éminemment drôle, prompt à faire rire avec tout et n’importe quoi (mais pas n’importe comment), le tout avec un sens de la mise en scène qui vient sans cesse appuyer cette mission qu’il semble s’être donnée. En soi alors, je n’ai d’autre attente avec Jojo Rabbit que celle de poursuivre mon exploration de la cinématographie de ce monsieur et il aurait été bien inconsidéré de ma part de me forger de trop gros a priori concernant le film. Malgré cela, j’ai évidemment des idées concernant ce à quoi il va ressembler une fois la projection entamée : une comédie, sans aucun doute, laquelle serait très certainement loufoque à l’image non seulement de cet Adolf Hitler imaginaire mais aussi des deux précédentes œuvres que je viens de mentionner. Les rares images que j’avais pu voir de Jojo avant d’aller le découvrir au cinéma le week-end dernier ne me permettaient d’ailleurs que d’aller dans le sens de ces présuppositions. J’ai cependant bien veillé à ne pas trop en regarder en amont de ma séance, histoire de ne pas me gâcher le plaisir d’une découverte que je souhaitais aussi fraîche que possible.

Waititi mise dans Jojo sur un humour burlesque bon enfant qui fait mouche.

Ce peu de choses vues aura au final permis de conserver l’effet de surprise. Le film tout entier en fut une belle ! Loin de n’être qu’une comédie à l’image des précédentes réalisations de Waititi, Jojo Rabbit est certes drôle mais il va bien au-delà de ça. Ce n’est pas une comédie pure et dure, sans rien de plus. Evoluant constamment entre comédie et drame, sans jamais devenir à proprement parler une comédie dramatique, le film mêle plusieurs esprits et plusieurs états sur les presque deux heures qu’il dure. Waititi varie les tons et les approches, distillant dans ce projet autant de cynisme et de noirceur que de douceur et, enfin, d’humour. Sur ce dernier point, il convient de souligner la façon dont le drôle et le rire dans Jojo Rabbit se démarquent de ce que le réalisateur néo-zélandais a pu faire auparavant. Il n’est pas ici question de ne miser que sur un type d’humour précis comme celui, « à l’anglaise » en quelque sorte, de Vampires en Toute Intimité ou celui, plus absurde, de Thor – Ragnarok.
Inutile de croire que Jojo Rabbit ne nous fera rire et sourire que par un seul moyen. Tout au contraire, le film brille comme je le disais par une multiplicité de tons qui touche en particulier son approche humoristique. Tantôt rions-nous alors d’une situation, tantôt d’un bon mot. Parfois le rire viendra d’un gag un peu classique et, en d’autres instants, d’un simple décalage entre le propos et celui qui l’exprime. C’est le cas par exemple lorsque le jeune et attachant Yorki, ami de Jojo, développe avec pas mal d’innocence et tout autant de naïveté ce que les Anglais (ou les communistes, j’avoue ne plus être certain) font aux bébés et aux chiens d’après la propagande nazie. La chose est terrible, sinon dégueu, mais elle est dite avec la formulation et l’état d’esprit d’un enfant, créant ainsi ce décalage qui rend la réplique des plus drôles. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres mais le film regorge de petits traits d’humour dans le genre. On pourra penser ici à des choses plus terre-à-terre mais néanmoins amusantes comme le gag des bergers allemands ou la séquence de l’entraînement à la piscine, parmi tant d’autres !

Cela étant, je le disais plus haut, Jojo Rabbit n’est finalement pas là que pour nous faire rire. A ses aspects les plus comiques s’ajoutent donc d’autres tournures moins drôles. Cynisme et noirceur sont ainsi volontiers au rendez-vous, que ce soit via un humour noir récurrent ou, tout simplement, des événements plus tragiques dans le parcours des personnages. Taika Waititi fait en effet le choix de ne pas tracer un chemin tout rose pour ses protagonistes et ne noie ainsi pas la réalité de l’époque qui lui sert de toile de fond derrière un esprit bon enfant et amusant.
Au lieu de cela, le cinéaste contrebalance toujours son humour par un rappel, plus ou moins fort, de la brutalité du contexte dans lequel se déroule le film. La visite, aussi incongrue soit-elle, de la Gestapo chez Jojo demeure une visite de la Gestapo. Les propos tenus par les SS lors de l’accueil des gamins et gamines aux Jeunesses Hitlériennes demeurent des propos intolérables (« où y a pas de tolérance »), peu importe toute la nonchalance dont peuvent faire preuve les différents intervenants lors de cette séquence. Ainsi va Jojo, oscillant sans discontinuer entre la légèreté de son ton général et la gravité de la situation. Waititi livre en cela un film très divertissant mais certainement pas sans intelligence. Mieux encore, Jojo Rabbit fait au final preuve d’une très grande poésie et d’une incroyable douceur, elle-même parfois rendue amère. Avec le recul, j’ai le sentiment que c’est un peu comme si les poèmes de Prévert que nous apprenions à l’école était venu se fondre dans un univers visuel digne de Wes Anderson, auquel Waititi emprunte d’ailleurs beaucoup tout au long de son film.

La scène de la Gestapo s’inscrit dans une longue lignée de séquences nées de l’après-guerre où l’on n’a voulu qu’une chose : tourner les Nazis en ridicule.
Si en plus de ça vous y ajoutez Stephen Merchant, le job est fait !

De toute évidence, Jojo Rabbit est un film très intelligemment composé, observation qui vaut sur plusieurs plans. Le premier découle de tout ce que je viens d’évoquer et concerne sa construction en tant que récit, tant dans le fond que dans la forme. Très bien ficelé et amené, le scénario de ce film se laisse suivre avec une aisance des plus plaisantes, un peu à la manière d’une histoire qu’on nous raconterait le soir avant de s’endormir, d’un conte où tout ne se passe pas toujours bien ou encore d’un poème encore une fois où certains vers sont plus tristes que d’autres mais dont la globalité laisse une œuvre touchante.

Le personnage de Rosie (S. Johansson) est d’un grand symbolisme tout au long du film.

En soi, on pourrait presque voir en Jojo une espèce d’histoire pour enfants où les plus grands trouveront largement de quoi satisfaire leurs esprits d’adultes, « à la Pixar » si l’on voulait raccourcir la pensée. C’est dans cette optique je pense qu’à cette ambivalence entre candeur et noirceur, Taika Waititi ajoute un ingrédient qui permet de toujours laisser la balance pencher en faveur du premier de ces aspects : l’espoir. A y regarder de plus près, le scénario ne parle finalement que de cela et s’il lui met parfois de grands coups dans la gueule, il y revient toujours, l’étreignant fort et rappelant que rien n’est jamais perdu face aux esprits les plus autoritaires. A partir de là, il serait facile de partir du principe que Jojo Rabbit en devient un film éminemment actuel, proche et conscient de son temps et des travers de celui-ci… Mais ce n’est pas que cela. J’y vois bien plus une « simple » fable, composée en vue de soutenir cette morale. Ce film a, dans son récit, une valeur universelle en fait, hors du temps. Le cas de la mère de Jojo va à mon sens dans cette direction.
Cette intelligente construction est également à souligner dans la façon dont le visuel accompagne bien souvent (sinon systématiquement) le propos. Loin de n’être qu’un écrin dans lequel le réalisateur place ses personnages, tout ce qui apparaît à l’écran participe à appuyer ce que le récit va dire de manière explicite ou non. Taika Waititi distille ainsi dans son film divers éléments purement visuels qui vont faire office d’échos visibles des idées qu’il développe ou qui vont carrément annoncer sans qu’on puisse le déterminer vraiment d’autres événements et situations à venir. Dans le lot, si certains de ces éléments marquent sans plus, d’autres se montrent particulièrement saisissant une fois la conclusion de leur implantation arrivée. Le film attrape alors son public, lui montre des choses qu’il n’a pas envie de voir comme on explique à un enfant les tenants et aboutissants de la vie et de la mort : avec la nécessité de faire avancer le schmilblick mais avec autant de douceur et de compassion que possible. La tendresse demeure encore et toujours le maître-mot de cette oeuvre et malgré les petites claques qu’on se prend parfois en regardant Jojo Rabbit, c’est là encore tout l’espoir et tout l’optimisme dont il fait preuve qui nous étreint de nouveau et nous le répète : rien n’est perdu.

Il va sans dire de toutes façons que l’esthétique générale de Jojo Rabbit est plus que louable. Il serait aisé de dire que Waititi ne fait rien d’autre qu’appliquer des accents Andersoniens à son film mais je crois qu’on va encore au-delà de ça. Evidemment, le film emprunte comme je le disais plus haut beaucoup à l’univers de Wes Anderson et cela se ressent dans la construction des plans, l’usage des couleurs et ce genre de choses. Appuyé qu’il l’est par Mihai Malaimare Jr., directeur photo qui a notamment travaillé sur les plus récents films de Francis Ford Coppola ou encore sur The Master de Paul Thomas Anderson, Waititi compose un univers coloré et chatoyant qui, ici aussi, contraste avec la brutalité du contexte décrit.
La photographie contribue donc énormément à ce travail, continuant de donner à Jojo cette espèce de côté « livre pour enfants » où les dessins seraient avec des formes simples et aisément identifiables (tant dans ce qu’elles représentent objectivement que dans le rôle qu’elles jouent symboliquement) et des couleurs qui épatent les jeunes mirettes. Le travail est également fait pour les yeux plus âgés que sont les nôtres, cette esthétique conférant à Jojo Rabbit un charme indéniable. Par ailleurs, s’il s’en inspire clairement, Waititi ne se contente pas de faire « du Wes Anderson », se détachant volontiers de cet autre illustre cinéaste (dont le prochain film constitue une de mes plus grosses attentes de cette année) par des choix dont je pense sincèrement que ce dernier ne les aurait pas faits. Enfin bref, tout cela pour dire que Taika Waititi créé ici son propre univers et qu’il le fait bien, en gros. Le tout cumulé à cette façon d’accompagner le récit et ses thématiques, de trancher par rapport à ses côtés les plus sombres, permet enfin à Jojo Rabbit de faire preuve d’une incommensurable finesse.

« Ô esprit de Wes Anderson, es-tu là ? »

Sam Rockwell est parfait, comme toujours.

Un mot enfin pour évoquer un autre immense atout du film : sa distribution. Taika Waititi a en effet su s’entourer de comédiens et comédiennes qui servent admirablement son film. J’exclus cependant tout de suite de cet avis Rebel Wilson. Je n’ai rien à proprement parler contre elle, qui m’est plutôt sympathique dans l’ensemble, mais je trouve qu’elle n’apporte strictement rien à l’affaire. Elle n’est pas nulle, ce n’est pas ce que je dis, mais…elle fait du Rebel Wilson quoi, sans plus de questions que cela. Si cette façon de jouer apporte évidemment son grain de sel à certaines productions dans lesquelles la comédienne a pu jouer auparavant, en l’occurrence ça ne fait pas avancer les choses outre mesure.
On ne peut cependant pas en dire autant de Sam Rockwell par exemple, quitte à rester dans les personnages secondaires. Rockwell a depuis longtemps prouvé quel impeccable second rôle il peut être (cf 3 BillboardsLa Ligne VerteViceH2G2…) mais c’est toujours un grand plaisir d’avoir une piqûre de rappel pareille. L’acteur campe ici le capitaine Klenzendorf, improbable chef des Jeunesses Hitlériennes, et apporte à ce personnage relativement barge toute la verve de son jeu. L’acteur enrichit sans cesse son personnage de cette nonchalance qui le caractérise tant, contribuant de toutes ses forces à la loufoquerie de cet étrange nazillon qui, au fond, ne l’est peut-être pas tant.

De son côté, Scarlett Johansson me surprend encore et toujours. C’est une actrice que je connais finalement très mal, si ce n’est pour sa participation au MCU dans le rôle de Black Widow. Et depuis peu, je la vois dans des œuvres qui, contrairement à Avengers et compagnie, laissent parfaitement profiter de son talent. Qu’il s’agisse de Marriage Story sur Netflix (impeccable, c’est elle qui aurait dû choper un Oscar, pas Laura Dern !) ou de Jojo Rabbit désormais, je la découvre sous un tout nouveau jour. Johansson continue dans le film de Taika Waititi de rappeler qu’elle n’est pas que l’action woman que Marvel/Disney chercher à mettre en lumière : bien au-delà de ça, c’est une actrice d’une grande sensibilité, capable avec une justesse exemplaire, d’autant nous faire esquisser un sourire que de nous tirer les larmes. Son rôle ici jouit des meilleurs aspects de son jeu, offrant à sa Rosie (la maman de Jojo donc) toute la tendresse que j’ai à de multiples reprises évoquée plus haut dans cet article. Impeccable figure maternelle, le personnage ne s’arrête cependant pas là et revêt d’autres rôles en quelque sorte qui appuient là aussi sur l’ambivalence générale du ton du film. A l’image de tous les autres protagonistes de Jojo Rabbit, Rosie ne se contente pas que de sa place première et évolue progressivement dans le récit pour s’offrir d’autres importances. Une multiplicité que Scarlett Johansson semble avoir parfaitement comprise et à la mise en valeur de laquelle elle participe pleinement.

Avec le recul, j’ai du mal à imaginer quelqu’un d’autre qu’elle dans ce rôle.

Mais il convient de conclure avec le cœur de Jojo Rabbit : les enfants. Au premier rang de ceux-ci, comment ne pas souligner la parfaite interprétation de Roman Griffin Davis ? Le jeune garçon, dont il s’agit ici du tout premier rôle au cinéma (on le reverra bientôt dans Silent Night, aux côtés de Keira Knightley notamment), s’impose comme aucun autre gamin ne m’a paru s’imposer depuis bien longtemps. Pour reprendre l’expression consacrée, même si elle est un peu usée : il crève l’écran ! Du haut de ses 12 ans, l’interprète de Jojo réussit sans aucun problème à parfaitement s’intégrer dans cette prestigieuse distribution. Mieux encore, il s’en détache sans cesse, capable qu’il est de toujours tirer son épingle du jeu. Précis, Roman Griffin Davis n’avait pourtant pas la tâche aisée : c’est sur ses épaules que repose une grande partie du film, sinon son intégralité. Fort heureusement, il livre une prestation des plus intéressantes, tirant pleinement parti de sa jeunesse pour donner à Jojo toute sa saveur. Il en va de même d’ailleurs pour Archie Yates, qui incarne Yorki, le meilleur copain de Jojo. Je ne m’étends pas trop sur son compte car cela reviendrait à répéter ce que je viens de dire au sujet de son acolyte mais le fait est qu’à l’issue du film, on a du mal à imaginer un autre gamin dans le rôle de Yorki. Archie Yates apporte à ce dernier une bonhommie bienvenue qui accompagne très joliment le personnage ainsi que la façon dont le décalage est fait entre sa naïveté d’enfant et les horreurs propagandistes qu’il peut sortir par instants.

Thomasin McKenzie et Roman Griffin Davis fonctionnent admirablement bien ensemble.

J’en termine enfin avec Thomasin McKenzie, jeune actrice que l’on avait jusqu’ici aperçue dans le dernier volet du Hobbit ainsi que dans la production Netflix The King, où elle jouait le rôle de la reine Philippa d’Angleterre. Enfin bref, ici c’est le rôle d’Elsa qui lui revient. Un personnage sur lequel je tiens à révéler aussi peu de choses que possible étant donné la façon dont elle est amenée dans le film et l’impact qu’elle y a. Le fait est dans tous les cas que Thomasin McKenzie peut reprendre à son compte toutes les louanges que l’on aura pu adresser à ses camarades de jeu. La jeune actrice se révèle en effet être un véritable atout pour Jojo Rabbit, servie qu’elle est par l’écriture du personnage qu’elle incarne. Elle aussi réussit à mêler de la douceur à une certaine force, appliquant à l’écran toute la nécessaire dualité de son personnage. Joli trio que réunit en tous cas ici Taika Waititi (ou plutôt deux jolis duos, les trois comédiens n’évoluant jamais tous ensemble). Ces jeunes interprètes apportent une grande plus-value au film en devenant autant d’ingrédients essentiels vis-à-vis de son résultat final.
Et voilà que je me surprends à presque oublier de mentionner Taika Waititi qui, rappelons-le, incarne Adolf Hitler dans son propre film ! Je vais faire court ici car l’acteur cette fois-ci ne mérite aucune véritable critique. Tout au contraire, il livre une prestation très très appréciable, drôle à n’en plus finir et d’une finesse remarquable. Waititi démolit le dictateur par cette satire imaginaire qu’il met en scène ici et qu’il incarne par la même occasion. Une caricature d’Hitler qui ne peut que prêter à rire, jusqu’à un certain point à partir duquel son cas va être réglé par un scénario très réfléchi sur la question. Waititi en attendant convie tout un chacun à rire du tyran avec cette version hilarante du Führer, qui n’est pas sans rappeler en quelque sorte le docteur Folamour du film éponyme de Stanley Kubrick. Le rapprochement se fera évidemment moins dans l’écriture des deux personnages que dans l’optique de déconstruction et de ridiculisation dont ils font tous deux l’objet. L’interprétation de Waititi va dans ce sens et uniquement dans ce sens et rappelle qu’on n’est parfois jamais mieux servi que par soi-même.

Dès l’ouverture du film, Taika Waititi impose son Hitler imaginaire.

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Jojo Rabbit est donc clairement la petite pépite dont tout le monde m’avait parlé. Si je ne doutais cependant pas que le nouveau film de Waititi saurait me plaire, je ne m’attendais clairement pas à autant tomber sous son charme. Colorée et amusante, cette oeuvre brille par sa capacité à jouer sur de multiples tableaux, bien souvent diamétralement opposé dans le ton, mais sans jamais que cela ne jure. Tout au contraire, Jojo réussit à mêler ses thèmes, ses idées et ses ambiances dans une pot-pourri rafraîchissant et divertissant, dont la principale qualité sera d’être suffisamment intelligent pour ne jamais perdre de vue ses ambitions premières. Celles-là se trouvent alors sublimées par une audacieuse aptitude à fondre la gravité dans la légèreté d’un œil d’enfant, le tout appuyé par une mise en scène, des choix esthétiques et une distribution parfaits pour répondre à cet objectif. Et si j’ai hâte de voir ce que le cinéaste fera avec le prochain Thor, j’ai désormais également hâte de le voir revenir à ce cinéma plus intime et personnel.

2 réflexions sur “« Jojo Rabbit », Taika Waititi, 2019

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