« The Mandalorian », saison 2 : Mando unchained

Il y a un peu plus de six mois maintenant, je découvrais enfin The Mandalorian à l’occasion du lancement de Disney+ en France. Une série que j’attendais tout particulièrement pour des tas de raisons que je ne vais pas vous énumérer ici et qui, me surprenant presque en cela, m’avait instantanément séduit ! A tel point que je consacrai à la saison 1 des aventures de Mando un papier sur cette autre page. Fin 2020, la série faisait son retour avec une saison 2 tout aussi attendue.

La première saison de The Mandalorian était à mon sens une franche réussite. Ce n’était pourtant pas gagné étant donnée la situation actuelle de la saga Star Wars. Rachetée par Disney en 2012 – je ne vous apprends rien -, la licence de George Lucas connaît une ère particulière depuis que la monopolistique souris s’y intéresse. Cette ère, c’est celle d’une troisième trilogie qui peine à convaincre, toujours engoncée dans la saga Skywalker pour le meilleur mais surtout pour le pire… C’est aussi la crainte de voir Disney opérer avec Star Wars comme ils le font avec Marvel notamment, en démultipliant les projets jusqu’à l’écœurement tant sur grand que sur petit écran. Entre spin-offs et nouvelle trilogie donc, la licence semblait en effet emprunter ce chemin à raison d’un film par an. Côté télé en revanche, pas grand-chose si ce n’est Star Wars Rebels et surtout la finalisation de The Clone Wars assez récemment avec une nouvelle et ultime saison. Mais l’arrivée de Disney+ aurait très bien pu chambouler tout cela et l’annonce du projet Mandalorian laissait croire que la machine allait pleinement démarrer pour proposer du Star Wars en veux tu en voilà. Et le souci justement, c’est que quantité, dans ce genre de grand groupe d’entertainment, ça ne rime pas systématiquement avec qualité, en attestent le piètre état, sinon les échecs de multiples projets télévisuels côté Marvel (Agents of SHIELD, Iron Fist, Jessica Jones…). La saison 1 de The Mandalorian aura cependant su nous faire mentir et offrait une très chouette proposition Star Wars pour le petit écran et le service de streaming de Disney. Je ne vous refais pas la critique et vous renvoie pour cela à mon article précédemment évoqué mais il convient néanmoins d’insister un tout petit peu sur ce point : The Mandalorian, riche de nombreuses qualités et en dépit de quelques défauts, était une réussite aussi plaisante qu’inattendue.

Dave Filoni, l’homme à tout faire du Star Wars télévisé actuel.

Ceci étant dit, revenons-en à ce qui nous intéresse ici, à savoir la suite de tout cela. Lancée toute fin Octobre dernier, la saison 2 de The Mandalorian avait de base plusieurs missions à accomplir pour mériter au moins autant de louanges que sa prédécesseuse. La première, évidente, était de maintenir le rythme que la saison 1 avait su tenir et imposer malgré son format relativement atypique (huit épisodes de 40 minutes seulement), sans oublier la qualité en chemin. C’était tout le talent des huit premiers épisodes – pardon, chapitres – de la série, cette manière de raconter des récits relativement courts, assez indépendants les uns des autres, mais néanmoins reliés par un fil rouge plutôt solide bien que discret parfois au cours de ces épisodes qui se montraient cependant capables de plutôt bien renouveler l’attention d’un épisode à l’autre. Cette mission-là, cette nouvelle saison la remplit sans souci. Toujours intégralement scénarisée par le tandem Dave Filoni/Jon Favreau (à l’exception du septième épisode), la saison nouvelle apporte son lot de péripéties en tous genres et réussit de nouveau à s’appuyer sur une rythmique impeccable, sans réel temps-mort. Peut-être exclurais-je tout de même de ce constat le deuxième épisode, intitulé La Passagère, lequel m’a pris de court à plus d’un titre et sur lequel je reviendrai en fin d’article.

Carl Weathers prend du galon sur cette saison et réalise lui-même un épisode !

Une autre mission à laquelle cette saison 2 devait répondre était évidemment celle de la qualité esthétique de l’ensemble. Encore une fois je ne vais pas me répéter mais je rappelle tout de même que si The Mandalorian était aussi séduisante, c’était non seulement pour son fond mais aussi pour sa forme. La série brillait en effet par la qualité de sa mise en scène comme de sa photographie ou de son montage, tous conçus et exécutés de manière à offrir un produit fini plus que respectable. La nouvelle saison poursuit tout ce travail et va même, je trouve, jusqu’à le pousser encore un peu plus loin. Ce n’était pourtant pas gagné sur le papier quand on constate le nombre de réalisateurs différents qui ont officié sur ces huit nouveaux épisodes, Favreau et Filoni n’étant derrière la caméra que pour deux d’entre eux. A leurs côtés se sont donc joints « pléthore » de guests parmi lesquels Peyton Reed (le réal de Yes Man, Ant-Man 1 et 2), Bryce Dallas Howard, Carl Weathers (Apollo Creed dans la saga Rocky mais aussi et surtout Greef Karga dans Mandalorian), Robert Rodriguez ou encore Rick Famuyiwa (réalisateur de Dope notamment et qui scénarise même ici son propre épisode). Du monde donc et, dans ces cas-là, on n’est jamais à l’abri de voir la série partir dans des directions trop différentes pour réussir à constituer un tout suffisamment cohérent au moins sur le plan visuel. Mais dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, on se rappelle quand même que c’était déjà le cas sur la saison 1, cette propension à faire cohabiter les réalisateurs/réalisatrices. On se souvient que Famuyiwa avait déjà réalisé deux ou trois épisodes sur cette précédente fournée ou encore que Bryce Dallas Howard était déjà présente en qualité de réalisatrice, aux côtés de Deborah Chow et Taika Waititi (dont on a appris récemment qu’il avait été engagé pour réaliser son propre film Star Wars, tiens donc !).
Confiants sur la base de ces souvenirs, on se lance donc dans tout cela avec l’idée en tête que cette multiplication des réals ne posera pas de souci. Un a priori positif et optimiste qui se vérifie tout du long de la saison, avec même son lot d’agréables surprises. Qui aurait cru par exemple que Carl Weathers réussirait à pondre un épisode d’aussi bonne facture ? Oh bien sûr, on n’écartera jamais bien loin l’idée qu’un bon assistant réal, de bons producteurs, un bon chef op ou un bon directeur photo arriveront toujours à faire la différence mais il serait dommage de retirer tout le mérite à Weathers, ce que font hélas certains avis et commentaires que j’ai pu lire brièvement çà et là. A l’opposé de cette vision des choses, je préfère m’enthousiasmer de voir son nom apparaître au poste qui est le sien sur cet épisode 4 dont je garde un excellent souvenir (la course poursuite avec les speeders puis les chasseurs TIE, quand même, quel plaisir !). Alors par contre, n’allez pas croire qu’on est devant une véritable révolution télévisuelle hein, ce n’est pas ce que je veux dire. Mon propos, c’est surtout de souligner que ce projet – qui aurait très facilement pu être lésé par un manque d’ambitions ou des moyens qui n’auraient pas été à la hauteur de ces dernières – s’en sort tout à fait honorablement. Au-delà de cette seule réussite (c’en est une en soi après tout), The Mandalorian ne réalise aucune véritable prouesse dans sa saison 2, tout comme ce n’était pas le cas dans la première. La série « se contente » d’être très correcte et ne semble pas avoir de plus grande ambition que cela sur le plan visuel. En tous cas pas pour le moment.

Simplicité, efficacité

Ce qui constitue toutefois une arme redoutable dans cette mission esthétique, c’est évidemment et de manière très logique et naturelle, la photographie. Prise ainsi, à travers le prisme des résultats qu’elle expose sur nos écrans, cette dernière n’a pas grand-chose à se reprocher. La plupart des plans de cette saison 2 s’inscrivent dans la continuité du travail mené précédemment et contribuent à ce double-exercice que je soulignais dans mon précédent article sur la série, à savoir celui de composer avec l’héritage de Star Wars en tant que mètre-étalon visuel et de savoir dans le même temps se forger sa propre identité, même si celle-ci ne fera sans doute jamais de véritables émules ni ne lancera la moindre mode. Classique mais efficace en somme.
Ce travail biface en tous cas, il trouve son aboutissement le plus complet dans cette nouvelle saison selon moi. Par là, j’entends que certains résultats visuels présents dans ces huit épisodes réussissent plus que les autres à pleinement lier ces deux composantes que sont l’héritage et l’identité à forger. Pour cela pourtant, l’orientation prise par la photographie vise clairement à fouiller dans le passé. Un passé qui remonte même au-delà de la seule saga Star Wars puisque c’est dans le champ des influences qui furent celles de George Lucas lui-même que l’on va aller farfouiller afin de composer les plans de cette série pour son deuxième round. Notons en premier lieu et pour rendre à César ce qui est à César que le principal directeur photographie sur cette saison est Barry Baz Idoine. Un nom qui évoquera peut-être quelque chose aux plus fins fans de la saga puisque c’est ce même homme qui officiait également sur ce poste (mais en deuxième équipe) pour le film Rogue One en 2016. Avant cela, Idoine était avant tout technicien et caméraman sur diverses productions parmi lesquelles des œuvres de Paul Thomas Anderson (The Master et There Will Be Blood), ce qui n’est sans doute pas rien pour appendre à faire de jolies choses.

La saison regorge de très jolis plans.

Et des jolies choses, il en proposera plusieurs sur cette saison 2 de Mandalorian et comment ne pas penser tout particulièrement à l’épisode 5 ? Episode dont j’irai même jusqu’à taire le nom pour ne spoiler personne d’une quelconque manière.
Au cours de ce chapitre, les influences fortes de Lucas ressurgissent à foison, qu’il s’agisse des vieux westerns américains ou du cinéma japonais façon Akira Kurosawa. Une observation que l’on fera tout particulièrement dans les face à face, qu’il s’agisse d’un duel façon « grand-rue dans l’Ouest sauvage » ou plutôt à la mode « samouraïs en décors nippons ». En chacun de ces instants, dont deux brillent tout particulièrement dans cet épisode précis, toute la force des influences s’expriment de la même manière qu’elles se dévoilaient dans la trilogie originale notamment. On atteint ainsi doucement mais sûrement le stade non pas de la référence mais de la double, voire triple référence, du clin d’œil qui cligne dans trois directions d’un coup. Car si tout ceci nous renvoie aux inspirations premières de George Lucas, c’est également à ses propres travaux que l’ensemble fait écho, par la façon dont ils mêlaient déjà ces ingrédients dans un délicieux cocktail. Bref, c’est bien pensé, c’est bien fait et ça se révèle dans diverses séquences de la saison. Les face à face de l’épisode 5 donc mais aussi l’ambiance générale du premier épisode de la saison – façon cowboys et indiens – ou encore les échanges de tir dans la rocaille d’un épisode 6 qui va même jusqu’à réutiliser le vieux mais toujours si agréable cliché de la Gatling. J’en oublie, bien sûr, mais l’ensemble de la saison regorge de ces petits clins d’œil plus ou moins appuyés et dont le mérite sera de toujours se faire plus dans le sens de ce qui a permis d’élaborer le mythe de Star Wars que dans celui de la seule citation un peu facile et grossière de la saga en elle-même.

Pour autant, on peut légitimement se poser des questions quant à la manière dont Favreau et surtout Filoni abordent réellement la chose. Je souligne en particulier Dave Filoni car si The Mandalorian réalise de nombreux échos à des influences fortes de l’univers Star Wars, elle est aussi largement marquée par l’apparition de personnages et l’évocation d’événements qui se sont déroulés dans d’autres séries de la licence, étonnamment toutes chapeautées par Filoni. Qu’il s’agisse de la seconde série The Clone Wars (rappelons que cette dernière formait un reboot de la série Clone Wars de Genndy Tartakovsky, finalement effacée de l’univers étendu par Disney) ou de Rebels, les productions menées par Filoni sont nettement mises en avant dans The Mandalorian et tout particulièrement dans cette saison. Difficile ici de donner des exemples sans spoiler l’affaire aussi vais-je faire un choix, celui de ne pas en citer un seul de précis. Le fait est de toute façon qu’il y a des personnages venus de Rebels et de The Clone Wars qui vont occuper dans cette nouvelle saison une place toute particulière, sinon récurrente. Cette idée de faire ainsi revenir des personnages venus de l’univers étendu nouvellement établi par Disney est intéressante à plus d’un titre.

Autre référence : les Dark Troopers, tirés du jeu vidéo Dark Forces.

Dans un premier temps, elle interroge sur ce que Filoni est doucement en train de construire au-delà du seul carcan de sa série mandalorienne. En faisant cohabiter ses différentes productions, le voilà qui tisse doucement une toile télévisuelle de plus en plus solide qui me pousse sans rechigner à parler de naissance véritable d’une sorte de Filoni-verse au sein-même de Star Wars. S’appuyant sur les acquis de ses propres projets précédents et en faisant intervenir ses protagonistes par delà les seuls murs de leurs séries respectives, le producteur façonne une part de l’univers à son image, fort des racines profondes que je mentionnais précédemment mais également de ses propres idées et envies. Même s’il est ici accompagné par Jon Favreau, le fait est que le travail sur le long terme de The Mandalorian repose pour beaucoup sur l’extension de sa vision de cette saga et de son univers étendu.
Et c’est finalement assez enthousiasmant de voir ainsi Disney et Lucasfilm confier les rênes de manière ferme à un seul homme (ou presque) pour développer le pan télévisuel de leur licence. Là où la dernière trilogie en date aura prouvé les difficultés à mettre sur pied un ensemble cohérent artistiquement et narrativement, Filoni s’affiche comme « le gars sûr » pour tout ce qui touche au petit écran. A tel point que le bonhomme va bientôt apposer son sceau sur de nouvelles productions et en particulier les séries Rangers of the Republic, Ahsoka ou The Bad Batch, récemment annoncées par la boite de Mickey Mouse. Notez d’ailleurs que les deux premières feront l’objet d’un bon gros crossover des familles avec The Mandalorian à un moment ou un autre. Ce qui est cool enfin avec cette ère télévisuelle qui s’ouvre pleinement pour Star Wars c’est qu’elle permet enfin à la saga de s’émanciper de l’ombre si castratrice des Skywalker, famille certes légendaire mais qui aura lourdement pesé sur la trilogie qui s’est achevée au cinéma avec L’Ascension de Skywalker, alors même que cette nouvelle page de la saga avait tout pour s’en éloigner et offrir de nouvelles vues sur les tenants et aboutissants de cet univers… Mais passons, inutile de raviver la douleur, n’est-ce pas ?

Dans un second temps cependant, il convient je crois de réfréner un chouïa ses ardeurs et de se poser un instant la question qui fâchera peut-être : tout ceci est-il une réelle volonté de se réapproprier la licence loin des Skywalker et donc d’en élargir les horizons, ou bien n’est-ce qu’un bon gros fan service opportuniste à peine dissimulé. Attention cependant, ce qui je dis là ne remets absolument pas en cause les qualités que je trouve à The Mandalorian en tant qu’œuvre mais je crois qu’il faut tout de même être conscient de ce que font Filoni et Favreau. Car s’ils donnent clairement l’impression de s’amuser comme des gosses avec cette série (et moi avec), cette mainmise du premier sur toutes les productions que je viens d’évoquer ressemble parfois beaucoup à une sorte de cumul des coups de coude rigolards dans les côtes en mode « Eh, t’as vu, j’ai mis ça comme dans Rebels, c’est cool hein ! ».
On pourra me rétorquer à juste titre qu’après tout, si la série fait dans la référence à d’autres productions du même gars, ça n’a au final rien de bien choquant ou gênant. En soi, j’ai envie d’être d’accord. Là où ça me dérange plus en revanche, c’est quand Filoni et Favreau étendent encore davantage le processus et où, non contents de faire appel à des interventions aussi proches et immédiates, ils en viennent à remettre sur le devant de la scène des personnages plus anciens, tirés de la trilogie originale et dont l’apparition découle en droite ligne d’un simple appel du pied à TOUS les fans, y compris ceux qui n’auraient pas encore été séduits par la proposition de The Mandalorian. Les deux compères se livrent alors par le biais de caméos ou d’apparitions progressivement récurrentes au jeu de la récupération pour rebondir sur certains vieux rêves de fans non assouvis. La toute fin de l’ultime épisode de la saison accentue encore cette circonspection dont je fais preuve ici.

Le destin de ces Dark Troopers dans le dernier épisode contribue aux questionnements quant à l’orientation que pourrait prendre la série.

Là encore, je ne vais pas aller plus en-avant dans le détail pour éviter tout spoil mais j’ose espérer que vous comprenez où je veux en venir. En fait, c’est un peu comme si tout ce que je venais de raconter sur la construction d’un univers étendu propre à l’esprit de Filoni (et donc fort de cette envie de s’émanciper, de partir vers d’autres choses, d’autres thèmes…) n’était finalement pas suffisant pour lui et pour la série dans sa globalité. Et qu’il fallait encore et toujours revenir aux mêmes vieux marronniers. Je ne cherche pas ici à ériger cette approche en véritable défaut de la saison ou de la série, là n’est pas la question. Au contraire, l’exécution est même plutôt bien foutue et livre son lot d’excitation une fois posé devant sa téloche. Non ce qui me titille, c’est moins la façon dont c’est fait que la raison pour laquelle c’est fait. Ainsi que la lanière dont cela va être fait dans l’avenir. Je ne vais certainement pas jouer les diseuses de bonne aventure dans ces lignes et condamner d’avance tout le projet Filonien autour de Star Wars mais malgré mon amour pour The Mandalorian – confirmé par cette saison 2, je pense que vous l’aurez compris – je préfère rester prudent et paré à l’éventualité qu’au fond, comme tout joli soufflé, tout ceci pourrait bien retomber au bout d’un moment à force de trop vouloir en faire.

Ceci étant dit, quelques mots quand même sur ce que toute cette saison nous raconte. Narrativement, la bête n’a pas trop de choses à se reprocher. Comme je le soulignais plus haut dans cet article, la série a su se trouver un rythme très efficace en dépit ou bien grâce à son format en 35/40 minutes par épisode. Le côté relativement court de ces chapitres et le fait qu’ils ne soient que huit par saison force les événements à s’enchaîner sans trop traîner mais sans non plus se précipiter comme dans un format 20 minutes. Forts de cette rythmique, les épisodes se construisent alors autour d’une mécanique certes assez classique mais néanmoins aussi sobre que fonctionnelle. Après, on ne va pas se mentir : sorti de son fil rouge (lequel ne casse pas non plus trois pattes à un canard), le scénario général de la saison ainsi que ceux de chaque épisode (lesquels racontent finalement tous une petite histoire au sein de la grande) ne révolutionne rien. Si une poignée de chapitres viendront offrir des histoires assez plaisantes sur le fond, la plupart des épisodes livreront tout de même un récit franchement prétexte. Cela n’ôte rien cependant au plaisir de regarder la série, laquelle demeure un très bon divertissement aussi cool pour les fans que pour les néophytes. Or, en l’état, en attend-on plus de toute manière ? Personnellement, je dois bien admettre que cette approche me contente déjà bien assez.

Le fait de se montrer assez conciliant avec la série n’empêche toutefois pas de remarquer les écueils auxquels elle se heurte parfois. C’est ici que j’ai en particulier envie d’évoquer le deuxième épisode de cette saison, lequel aura été surprenant. Déjà, son scénario manque cruellement de panache, hormis dans cet instant où le Mandalorien se retrouve aux prises avec une créature tirée tout droit des artworks d’époque du regretté Ralph McQuarrie. Autour de cela néanmoins, rien ou presque à se mettre sous la dent. On ira même jusqu’à dire que cet épisode bien précis synthétise tous les risques que The Mandalorian se doit à tout prix d’éviter. Le scénario, encore plus prétexte que d’habitude, se révèle aussi assez ennuyeux en soi. Il tâche pourtant de proposer des questions intéressantes, notamment autour du personnage qui se joint le temps de ces 40 minutes à Mando et à l’Enfant.

Toujours aussi adorable malgré tout, l’Enfant nous laisse croire dans l’épisode 2 que son écriture bascule vers un humour bien pauvre.

Ce dernier constitue l’autre problème de cet épisode. Dans mon article consacré à la première saison, je cherchais à souligner l’importance de ne pas faire n’importe quoi avec ce tandem Mando/Enfant et surtout de ne pas trop jouer la carte de la surenchère autour d’une mascotte mignonne. Or, la série trébuche clairement au cours de cet épisode en misant sur le gag qui va trop loin. Ça commence assez classiquement par une mise en situation puis le gag, un coup histoire de rire. La blague en question laisse déjà un drôle de goût mais on se dit que « Oui bon, c’est pas comme si ça allait se reproduire ». Et paf, ça se reproduit. Le personnage de l’Enfant se livre alors à une répétition d’un comportement très particulier, sinon choquant, en tous cas complètement hors de propos et gratuit. L’épisode se nourrit de cette idée et la relance en de multiples occasions, offrant une dissonance cruelle avec sa mise en situation initiale tout en décrédibilisant grandement l’Enfant. C’est assez débile, très peu justifié et – hélas !- même pas drôle. La série se heurte alors à son premier rocher et si la mésaventure ne se répète fort heureusement pas au cours de la saison, on ne peut plus qu’espérer que les retours des spectateurs et spectatrices sur la question freineront l’envie de Filoni et Favreau de se prêter de nouveau à ce type d’humour.
Cette bévue est d’autant plus dommage que la saison s’attarde de temps en temps sur des thématiques assez cool, voire fines, et si je ne compte pas m’étendre dessus j’ai tout de même envie d’évoquer celle de la relation père-fils. Centrale dans l’ensemble de la saga, la question de la famille trouve un nouvel écho dans cette série avec Mando et l’Enfant. Après le rapport d’opposition Vador/Luke, celui plus pédagogue/père de substitution entre Anakin et Obi-Wan, c’est un peu une forme de cellule familiale recomposée qui se forme entre les deux protagonistes, avec un enfant qui s’attache et un homme qui se découvre peu à peu une fibre paternelle. Ce tout dernier point est franchement bien amené sur l’ensemble de cette saison et se paie même le luxe de quelques instants plus touchants que les autres.

Leur relation demeure très chouette à voir évoluer.

Je conclurai bien désormais en évoquant la distribution de cette saison mais quelle redondance cela ferait avec l’article sur la précédente ! En effet, je ne trouve rien de particulier à ôter ou ajouter à ce que j’ai déjà dit à l’époque, chacun des avis que j’y avais formulés étant toujours tout à fait valide aujourd’hui. Tant Pedro Pascal que Gina Carano ou Carl Weathers continuent de faire le taf sans souci. Peut-être quelques mots rapides sur Giancarlo Esposito qui, après une première incursion finale dans la saison 1, devient vraiment l’antagoniste principal de ces huit nouveaux épisodes. Décidément abonné aux rôles de salauds, celui qui s’est fait connaître du grand public par son interprétation de Gus Fring dans Breaking Bad campe ici le Moff Gideon, fidèle haut gradé de l’Empire pourtant déchu qui n’a de cesse de vouloir s’emparer de l’Enfant pour d’obscures raisons. Esposito livre ici une interprétation solide bien que parfois un tantinet bancale (notamment dans le tout dernier épisode je trouve), ce qui n’ôte rien à la qualité générale du personnage qui demande cependant à encore s’étoffer. Quant à Rosario Dawson, elle s’invite pour la toute première dans l’univers Star Wars également et quelle entrée ! Reprenant un rôle emblématique du « nouvel » univers étendu, l’actrice se fait d’office une place de choix au sein de cette galaxie et arrive presque à s’imposer comme une évidence tant le rôle lui sied à ravir.

____________________

Pas exempte de petits défauts, cette saison 2 de The Mandalorian réussit malgré tout à habilement se hisser au niveau de la précédente. Au cours de huit épisodes plaisants, la série poursuit son bonhomme de chemin et offre un divertissement très agréable à suivre, en dépit des petits accrocs que je mentionnais plus haut. On continue de s’attacher au Mandalorien éponyme et l’on continue de s’enthousiasmer sur la façon dont la série contribue à enrichir son propre lore et l’univers plus global dans lequel elle s’inscrit. Se concluant sur plusieurs ouvertures et affichant un véritable coup d’arrêt à l’arc narratif que nous suivions depuis l’an dernier, cette saison ne demande plus qu’à voir sa suite débarquer et à titre personnel, j’ai hâte de découvrir ce que l’on nous réserve. Je garde par ailleurs un œil attentif sur les évolutions à venir dans cet univers étendu chez Disney+, le service ayant annoncé récemment la mise ne chantier de nombreuses nouvelles séries. Saurons-nous maintenir la qualité ou bien nous dirigeons-nous vers une époque de trop plein ? Réponse dans les mois et années à venir.

3 réflexions sur “« The Mandalorian », saison 2 : Mando unchained

  1. Je n’avais pas trouvé la première saison particulièrement transcendante, mais je suis ravie de constater que cette saison réserve son lot de qualités, en dépit de quelques défauts. Ce n’est pas la première fois que je te lis et je ne peux que complimenter ta plume ! Merci pour cet article éclairé.

  2. Pingback: « WandaVision , saison 1 : Quelle vision ? | «Dans mon Eucalyptus perché

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