Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas pu chroniquer un salon ! Si je suis bien allé à la Paris Games Week en 2022, c’était en total visiteur, sans aucune envie de faire quoi que ce soit pour ce blog. Mais en qualité de blogueur, il faut remonter à 2019 pour retrouver mes dernières venues sur salon, année pré-covid (zéro coïncidence) où j’avais arpenté les travées des Pop Culture Days, de l’IndieCade, de Nintendo Paris, de feu le Comic Con parisien et enfin de la Paris Games Week. Une année riche dont je m’imaginais bien répéter la frénésie ensuite mais que la pandémie a stoppée net. Retour aux affaires donc en 2023, enfin, et je ne pensais pas que c’était le cas mais il faut se rendre à l’évidence, ça m’avait manqué. Et c’est avec Paris Manga que les affaires ont repris !

Première fois à Paris Manga
Je ne vais pas faire semblant, je ne savais quasiment rien de Paris Manga avant de m’y rendre. Pardon, que dis-je, de Paris Manga & Sci-Fi Show by TGS, si l’on doit reprendre son nom complet et exact. Un intitulé à rallonge qui témoigne d’ailleurs des évolutions que le salon a connues depuis sa création. Car Paris Manga (nous lui privilégierons cette appellation dans l’article), est déjà une institution en soi. Créé en 2006, organisé à raison de deux fois par an, le salon célébrait déjà sa 34ème édition cette année. Une longévité qui n’a été interrompue qu’en 2020, pour des raisons bien connues. Et c’est ainsi qu’après une première mouture en Avril dernier, Paris Manga a repris ses quartiers à Villepinte, les 28 et 29 Octobre derniers.
Je disais que je ne connais pas bien ce salon et pourtant ce n’est pas faute d’en entendre parler régulièrement. Profitant d’une sacrée campagne d’affichage dans le métro parisien, il est difficile de passer à côté. Mais malgré cela, j’ai toujours eu un a priori concernant Paris Manga, allez savoir pourquoi. Naïvement, sans véritablement m’y intéresser, j’avais l’impression qu’il ne s’agissait que d’une version un peu plus chiche de la Japan Expo, salon auquel je ne me suis par ailleurs jamais rendu non plus, n’ayant pas forcément le sentiment d’en être la cible. Alors je passe devant ces affiches encore et encore, jetant tout de même un œil curieux histoire de voir si un nom ne me parlerait pas plus que les autres, histoire de me convaincre de m’y rendre. La mention « sci-fi » a souvent eu de quoi attisé ma curiosité. Etant en effet plus branché science-fiction que « culture japonaise » (pour faire très large), voilà en effet un petit appel du pied en ma direction.
C’est ainsi que je me suis motivé cette année à faire une demande d’accréditation auprès du salon afin d’y faire un tour et d’enfin le découvrir. Je renouvelle donc mes remerciements à l’organisation pour m’avoir accordé le sésame qui m’aura donné l’occasion d’aller arpenter les travées du hall 5 du parc des expositions de Paris Nord-Villepinte ce 29 Octobre. J’arrive donc au salon sous la pluie et avec une grosse heure de métro et RER dans les pattes mais je suis bien déterminé à le voir sous toutes les coutures. Je suis d’abord décontenancé par la très longue file d’attente qui est alignée à l’extérieur du salon alors que ce dernier n’a ouvert ses portes qu’un bon quart d’heure plus tôt.
Ce n’est qu’après avoir jaugé la longueur de cette file que je me rappelle que mon accréditation me permet d’entrer par un accès dédié…que j’ai eu un peu de mal à trouver en définitive. Assez peu visible, manquant d’une signalétique claire, l’entrée réservées aux personnes accréditées/VIP/organismes de presse/personnes à mobilité réduite est à l’écart mais peu visible. Peut-être suis-je passé à côté d’une indication en sortant du RER, ce n’est pas impossible, mais dans ce cas je me dis qu’elle manquait alors éventuellement de visibilité et/ou de clarté. La chose n’est pas bien grave cependant et, assez agréablement surpris par la foule déjà présente, j’entre enfin dans le salon !

Cap sur le Japon
Je ne cache pas que mon premier aperçu m’a un peu inquiété. A peine entré dans l’enceinte du hall 5, la première chose qui nous accueille, ce sont des stands de merchandising comme on en voit dans tous les salons de ce type. Cela laisse une drôle d’impression, comme si, dès l’arrivée, on nous invitait à dépenser de l’argent. Surtout, ces stands sont d’un classicisme absolu : figurines de personnages de mangas/anime/jeux vidéo (notamment Pokémon), répliques d’épées et katanas, peluches en tous genres, Gunpla, sacs surprises pour les plus weeb d’entre nous… Disons que ces stands de merch ne réinventent rien. Aussi me voilà à me dire que si tout le salon est de ce ressort, je vais un peu trop vite en avoir fait le tour.
Et pourtant, derrière ce mur de goodies divers et variés se cache en réalité un tout autre type de produits à s’offrir ! Et c’est ici à mon sens le point fort de Paris Manga : il y a une vraie place accordée aux créateurs et créatrices de tous horizons ! Une fois passés ces premiers étalages de goodies (dont la pertinence de l’emplacement me questionne d’autant plus finalement), on découvre un tout autre univers et l’on sent l’envie des organisateurs d’offrir une vitrine à autant de créations que possible. Illustrations, créations textiles, peluches en crochet faites main (amigurumi principalement)…
Je ne vais pas vous faire la liste complète mais j’ai été sous le charme de la variété de créations que Paris Manga donne le plaisir de découvrir. Surtout, la sélection des artistes et créateurs/créatrices a été des plus judicieuses, puisqu’en lien étroit avec les thématiques du salon. Evidemment, les références à la pop culture japonaise sont légion. On retrouve du Ghibli, du Dragon Ball ou encore du One Piece et du Naruto un peu partout mais la variété des manières de se réapproprier ces univers est vraiment plaisante. Chaque artiste avait véritablement une patte qui le distinguait des autres et les créations étaient le plus souvent de bonne qualité et/ou d’une originalité notable. J’ai notamment beaucoup aimé les créations de Sophie Crochet, pour ne citer qu’un seul de mes coups de cœur du salon :


Mais surtout, comme je le disais, on sent l’envie de coller à la thématique générale du salon et il est indéniable que les stands contribuaient finalement tous à mettre en valeur une culture japonaise plus que de simplement étaler des licences connues et reprises par les uns et les autres selon leurs savoir-faire respectifs. Mise au service d’une promotion de la culture nippone, toute cette partie du salon était une belle occasion de se plonger dans une ambiance propice à la découverte.
Car en plus des créations diverses et variées que j’ai pu trouver, Paris Manga fait également la part belle à des pans de culture autres, moins liés à la pop culture qu’à la richesse du Japon. Ainsi le salon accueillait-il l’atelier de calligraphie d’Isabelle Jeudy, avec toute une programmation autour : masterclass, atelier de calligraphie, atelier de peinture… Un espace consacré aux arts martiaux était aussi proposé avec des initiations et des démonstrations de Shou Bo, de Haidong Gumdo ou encore de Katori Shinto Ryu. Enfin, je repense également à ce stand consacré aux jeux traditionnels japonais, parmi lesquels le Go était fièrement représenté. En toute honnêteté, j’ai vraiment trouvé très agréable de déambuler ainsi entre les différents stands de la Zone Japon.
Par le tour d’horizon que cela permettait d’avoir, c’était finalement assez rafraichissant, d’autant que cela prenait place dans un salon que j’ai trouvé à taille humaine. D’abord surpris par la présence de grands espaces vides dans le Hall 5 où se tient Paris Manga, me demandant un peu si c’était véritablement justifié de lui donner lieu ici, j’ai en fait vite trouvé en cela quelque chose de très plaisant. En ne surchargeant pas l’espace, Paris Manga se donne de jolies respirations entre ses différentes zones et évite un engorgement trop fort sur l’ensemble de l’espace qui lui est alloué. Le salon s’aère alors et trouve ainsi ce côté « à taille humaine » que j’évoquais plus haut, loin d’autres grands rendez-vous de ce type. Il est aussi aisé de s’approcher des stands que de simplement errer doucement, sans se soucier d’un amas de foule insupportable et c’est à mon sens un véritable plus.

…& Sci-Fi
Cet aspect, je l’ai retrouvé dans les zones Sci-Fi et Jeux Vidéo. Avant toute chose, il faut bien reconnaître qu’il ne s’agit pas là des espaces les plus remarquables du salon. On sent bien quand on prend un peu de hauteur sur la façon dont ce dernier s’organise que ces autres pans de pop culture sont en quelque sorte additionnels, mis là de la même manière que l’on a étiré le nom de Paris Manga pour en faire Paris Manga & Sci-Fi Show (on est un peu sur le même délire qu’avec Sonic 3 & Knuckles quand on y pense). C’était d’ailleurs source d’un de mes a priori au sujet de ce salon. Ce nom à rallonge me donnait le sentiment qu’on avait essayé d’y mettre un peu de tout, me laissant craindre un espèce de fourre-tout indigeste.

Et si le résultat final n’est pas aussi sombre que ce que j’avais naïvement craint, il en ressort quand même cet air de juxtaposition un peu étonnant. On passe ainsi de zone en zone et ce n’est évidemment pas déplaisant mais je trouve que ça manque d’une synergie, d’un truc qui me fasse me dire qu’en effet, on n’a pas juste cherché à mettre des thèmes côte à côte. Peut-être faudrait-il créer du liant entre ces espaces, des animations ou des éléments incontournables en quelque sorte qui permettent de faire transition à chaque fois. Il y avait un peu de ça avec l’exposition One Piece justement, qui tissait un petit lien entre la Zone Japon et l’espace alloué aux univers manga/comics/BD/dessinateurs. Mais je me dis qu’il faudrait penser la chose de manière plus globale, reste à savoir comment…
Un autre côté que je regrette un peu c’est que cet espace m’a semblé moins intéressant dans son ensemble que la Zone Japon, vue précédemment. Entre les voitures de Transformers, celles de Retours vers le Futur et de Harry Potter et la Chambre des Secrets, bon, on a vite fait le tour. Et ce n’est pas l’araignée géante qui va me prendre beaucoup plus de temps.
De la même manière, la maigre section consacrée aux jeux vidéo, n’apporte pas vraiment de plus-value au salon, se contentant dans les grandes lignes d’aligner des bornes d’arcade, l’asso MO5 et Marcus dans le voisinage. On trouvera des échos à cet univers dans les stands de merch et de créateur.ice.s proches mais peut-être cela manque-t-il encore un peu de pertinence, sinon de ce liant que j’évoquais juste avant.

Il y avait tout de même de très chouettes choses à voir dans ces espaces, et je pense ici tout particulièrement au coin que se partageaient l’atelier Emi Sphère et le FPG Creative Lab. Le premier est une équipe de création de verres personnalisées pour PC. De quoi embellir vos UC selon vos goûts et vos licences préférées. Côté Creative Lab, se côtoyaient pas mal de choses intéressantes. Mon coup de cœur est allé au décor conçu par le cosplayer Vault-Sk-Hi et la chaîne L’Echo Vaporiste, entièrement dédié à la série Fallout. La licence de Bethesda y trouvait ainsi une très belle mise en valeur, entre répliques de créatures, d’armes et de costumes ainsi que divers objets (croquis, dessins, fausses affiches, bouteilles de Nuka Cola et même une boule à neige…). Nul doute à avoir quant au fait que ce travail offrait à cet espace une très belle vitrine et incitait vraiment à venir jeter un œil.
Un appel du pied des plus judicieux étant donné qu’en s’enfonçant au milieu de tout ce décor, on approchait ainsi plusieurs autres créations dont la collection Headz’n More, qui propose de découvrir en modèles réduits de grande qualité casques et têtes emblématiques de la culture SF et super-héroïque. De Daredevil au Xenomorphe d’Alien en passant par le T-1000, RoboCop ou encore Michael Myers, c’est vraiment une très belle collection qu’Headz’n More nous propose.
Non loin de là, difficile aussi de ne pas craquer devant les superbes dioramas encadrés de The Last Replicant. Qu’ils soient aux couleurs de Daredevil (encore lui), des Tortues Ninja ou du Géant de Fer, il s’agit à chaque fois de très (très !) belles pièces qu’on s’imagine très bien fièrement accrochées dans son salon. J’admets n’avoir pas cédé à la tentation cette fois-ci mais au prochain coup je ne répondrai de rien, que ce soit clair ! Définitivement, l’espace alloué au Creative Lab et à Emi Sphère a été mon préféré du salon.

Les guests
Evidemment, le principal attrait de Paris Manga, c’est son affiche de guests. Personnellement, c’est l’immense Don Rosa qui m’a convaincu de me rendre sur le salon. L’auteur de La Jeunesse de Picsou est, au-delà de l’artiste de génie, une personne d’une immense gentillesse qu’il est toujours plaisant de croiser et d’écouter parler de son art. Malheureusement, pas de conférence pour Don Rosa sur cette édition de l’événement et il faudra « se contenter » de sa présence sur son stand personnel pour obtenir des dédicaces. Un rendez-vous que j’admets m’être épargné étant donné la très longue file d’attente qui s’est immédiatement formée devant son stand afin d’obtenir les précieuses signatures. Il n’est sans doute pas exagéré de penser que l’envie de faire signer quoi que ce soit m’aurait coûté plusieurs heures de mon temps… Tant pis donc, ce sera pour une prochaine fois.

Je passerai volontiers sur les différentes personnalités de YouTube qui étaient présentes ici. N’étant pas un conditionnel des Youtubers, quels qu’ils soient, je ne me suis pas plus intéressé que cela à qui était présent ou non. De même, et en dépit de mon intérêt pour le doublage, je ne me suis pas rendu vers les dédicaces proposées notamment par Céline Monsarrat (voix de Julia Roberts, Léa Thompson dans les Retour vers le Futur ou encore Bulma dans Dragon Ball) ou Mark Lesser (première voix de Joey dans Friends, aussi celle de Broly, Son Gohan ou Trunks dans Dragon Ball). Je regrette toujours un peu d’ailleurs que l’on n’accorde pas plus de place que cela à ces comédiens et comédiennes de talent qui auraient tant à nous raconter sur l’expérience du doublage. Un petit showcase ne serait vraiment pas de trop.

Mais la tête d’affiche de cette année était quant à elle immanquable : Elijah Wood ! L’acteur rendu célèbre pour son interprétation de Frodon dans Le Seigneur des Anneaux était en effet présent sur les deux journées du salon, selon un emploi du temps à mon sens trop déséquilibré. Occupé par les photos avec les fans, les meet and greet et les dédicaces, Elijah Wood n’a finalement proposé de présentation publique que durant une petite demi-heure en milieu de journée. Une trentaine de minutes où l’acteur revenait avec un humour et une sympathie caractéristiques sur sa carrière et répondait aux différentes questions des fans présentes dans le public. En soi le moment était très agréable et j’ai trouvé qu’Elijah Wood se prêtait très bien au jeu. Rieur, il a su rendre la rencontre sincèrement agréable.
Mais comment ne pas trouver ce créneau un peu chiche ? On devine derrière cette maigre présence sur scène l’envie de se concentrer sur les autres activités de sa journée (plus lucratives, on le sait toutes et tous) mais c’est un peu dommage. On espère que sur les prochaines éditions où Paris Manga arrivera à accueillir des personnalités de cette envergure, l’organisation aura à cœur de proposer un rendez-vous un peu plus conséquent (une heure ne serait vraiment pas un luxe).

A titre d’exemple, le second panel de comédiens et comédiennes était bien plus long. Réunissant sur une même scène Léa Thompson (Retour vers le Futur), Kevin McNally (Pirates des Caraïbes), Tony Amendola (Stargate SG-1), David Hewlett (Stargate Atlantis) et Mark Pellegrino (Supernatural), cette rencontre était une très bonne surprise pour moi. Si j’étais déjà très content de voir Léa Thompson et Tony Amendola (Stargate SG-1, c’est ma série d’ado à jamais), j’ai été emballé par l’ambiance générale de cet échange avec le public.
Les cinq invité.e.s ont non seulement bien entendu répondu à toutes les questions qui leur ont été posées mais l’ont surtout fait avec une envie de partage vraiment satisfaisante. J’ai beaucoup aimé le recul dont ces artistes ont su faire preuve non seulement sur la profession, mais aussi sur leurs propres carrières respectives. Non sans humour, ils ont livré un grand nombre d’anecdotes pour certaines très drôles et ont su animer la rencontre. Exactement ce qu’on peut attendre de pareil moment.
En vérité, j’ai été très agréablement surpris par Paris Manga. J’y allais avec quelques a priori mais je dois bien reconnaître que j’y ai trouvé un salon très convivial, vivant et surtout, à taille humaine. Si certains aspects du salon sont assez génériques, un peu comme s’il s’agissait de ça-va-de-soi pour ce genre d’événements, j’ai tout de même passé un bon moment sur place. J’ai été très content de voir la place qui était accordée aux artistes en tous genres, plutôt que de ne faire de ce Hall 5 qu’un grand amas de stands de merchandising classique. J’ai trouvé en cela que Paris Manga faisait un très bel effort en matière de partage d’une certaine culture et c’est vraiment appréciable. Je pense quand même que le salon peut faire encore mieux pour tout dire, et réussir à se doter d’une sorte de fil rouge plus fort qui lui conférerait ce liant qui lui fait parfois défaut. En tout cas, je serai curieux de voir ce que cela donnera lors des prochaines éditions.

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