Vu de ma fenêtre, ça n’a aucun sens. Que ce blog soit toujours là après 10 longues années, c’est à ça d’être impensable. Dix ans d’Eucalyptus, un peu plus si on compte les premières armes faites ailleurs. Mais arrêtons-nous à ce compte rond, celui qui « sacre » une décennie de vie pour ce blog-ci, tel que vous le connaissez. Aucun sens. Ou presque. Parce que si confidentiel ait-il pu rester, Dans mon Eucalyptus perché garde beaucoup de sens pour moi. C’est une bouée de sauvetage à laquelle je me suis accroché pendant ces dix ans, quand ça allait bien, quand ça allait mal. Et je n’ai aucune envie de la lâcher, cette bouée.

10 ans et (presque) toutes ses dents
J’ai déjà raconté la génèse de l’Eucalyptus ailleurs, en quelques occasions, aussi vais-je vous épargner une nouvelle itération de cette histoire. Personne n’a envie de lire ça encore une fois et je n’ai à titre personnel aucune envie de vous le raconter de nouveau. Tâchons plutôt de regarder le présent.
Je dois bien avouer que je n’avais pas spécialement prévu de marquer le coup pour ces 10 ans. Ce fut le cas malgré tout, par la force des choses, avec cette refonte visuelle générale fin Mars/début Avril. Tranquillement en train de regarder ce que WordPress me proposait en 2024 sur ce plan-là – car malgré tout, j’avais quand même bien envie de ravaler cette vieille façade – je me suis égaré dans un dédale d’aperçus de mises en page, jusqu’au moment fatidique (dramatique !) du mauvais clic. Le clic de trop, le clic hasardeux, celui-là même qui m’aura amené bien malgré moi à appliquer au blog une nouvelle apparence totalement catastrophique. Aussitôt, je retourne dans mes paramètres pour récupérer mon ancien thème, jugeant que trop de maladresses avaient été commises ce soir-là.
Mais me voilà rapidement défait : le thème n’existe plus. Expound, tel était son nom, n’est plus supporté par WordPress depuis plusieurs années et si les blogs qui l’utilisent encore tournent toujours, il est impossible de le récupérer. Je vous laisse imaginer la panique qui s’est emparée de moi en cet instant : le blog n’a plus sa forme habituelle et, pire encore, tout est dans un état déplorable. Parce qu’avec ces changements faits involontairement, tout a sauté ! La mise en page de l’accueil, celle des articles, tout ! Plus rien n’est à sa place, tout déborde, c’est un chantier sans nom. Pour le dire plus franchement : un véritable merdier.

Me voilà donc ce soir-là à devoir intervenir aussi vite que possible pour redonner à mon Eucalyptus une allure présentable. J’ai choisi le nouveau thème dans l’urgence mais je dois dire que j’en suis assez content. Assez joli, plutôt sobre, mieux adapté à la lecture sur mobiles et tablettes, il s’est vite avéré être un choix aussi judicieux que possible – je pense – étant donné l’urgence de la situation.
Depuis lors, c’est donc à un vaste chantier que je me suis attelé, celui de réparer tous les articles en ligne avant cet événement. Car si l’accueil semblait propre, la mise en page des articles a été saccagée par l’accident. Incompatible avec l’éditeur de texte classique de WordPress que je continuais d’utiliser malgré son abandon général par l’éditeur, le nouveau thème choisi a entraîné son lot de dysfonctionnements, rendant la lecture des plus déplorables. L’arrivée très imprévue de ces nécessités a fait que, ces dernières semaines, aucun nouvel article n’est venu enrichir le blog depuis celui consacré à Cassette Beasts et sorti fin Mars. A l’heure actuelle, j’ai réussi à corriger toutes les publications mises en ligne depuis la saison 2021-2022 ainsi que les 50 articles que j’ai pu identifier comme les plus lus du blog depuis sa création. Ce sont donc au total près d’une centaine de publications qui ont d’ores et déjà été remises en ordre. Pour vous donner un ordre d’idée, ce sont actuellement 231 articles qui sont présents sur ce blog, aussi le chemin est encore long avant que tout ne soit définitivement nettoyé.
On a donc échappé de peu à la catastrophe sur ces pages, aussi pouvons-nous reprendre le cours de nos vies un peu plus sereinement maintenant. Une vie longue de 10 ans, donc. Cela fait déjà quelque temps que j’évite tant que faire se peut d’établir des bilans autour du blog. Les statistiques, tout ça, je garde un œil dessus car c’est un bon baromètre de ce qui plait ou non, mais au fond je n’y attache plus autant d’importance qu’avant. Surtout depuis 2017, quand je suis passé à environ 9 000 vues cumulées cette année-là contre 22 000-22 500/an sur les deux années précédentes. Depuis, je sais que les chiffres chutent continuellement. 6 500 vues en 2019, 5 600 en 2021, 4 900 en 2022, 3 900 en 2023… Il n’y a guère qu’en 2020 (covid aidant ?) que j’ai pu observer un rebond dans ces stats avec un peu plus de 7 900 vues sur cette année particulière.

Cette observation pourrait pousser à laisser tomber. Quand vous travaillez de plus en plus sur ce que vous produisez (vous aurez noté que mes articles ont gagné en densité depuis quelque temps maintenant) mais que ça vous amène de moins en moins de monde, il y a de quoi vouloir baisser les bras. Ceci étant, je suis conscient de plusieurs choses. La première c’est que si je suis moins lu, c’est peut-être aussi justement parce que mes articles sont longs. Dans un internet moderne où la place est à la vidéo, à l’instantané et au « vite-vu » (et je dis ça sans aucun jugement de valeur), quelle est encore la place pour des gros papiers ? Sur des sites déjà bien installés avec des auteurs et autrices déjà clairement identifié.e.s et suivi.e.s sans doute, mais peut-être pas sur un blog personnel tenu par un anonyme de plus sur le web.
Je pense que je paie le prix d’un choix de continuer dans cette voie mais je le paie de bon cœur. Parce qu’aussi conscient que je suis du fait que le contenu que je propose ne va pas forcément dans le sens de ce qui « marche » aujourd’hui, je le suis tout autant que c’est ce genre de contenu que je veux proposer. N’est-ce pas là une part importante du projet finalement ? De simplement avoir tout le loisir de m’installer devant mon clavier, de faire mes recherches et de vous proposer ces articles tout bonnement parce que c’est ce qui me plaît ? J’avais déjà évoqué ça par le passé mais le fait est que si j’apprécie bien évidemment de recevoir du lectorat sur mes publications, j’écris aussi et surtout pour moi, pour satisfaire un besoin bien personnel de mettre des mots sur des œuvres ou des sujets qui m’intéressent en premier lieu.
Mais en plus de cela, à côté de cette envie presque autocentrée de simplement écrire parce que ça me plaît, pour mon plaisir propre, je sais aussi que vous êtes là. Beaucoup de mes vues sont occasionnelles, je sais même que certaines des personnes qui arrivent sur ces pages le font par pur hasard et essentiellement parce qu’ils recherchaient des images. Mais parmi tous ces anonymes, il y a aussi mes quelques irréductibles qui me suivent depuis 10 ans pour certains, depuis moins longtemps pour d’autres et ça, comment cacher que ça fait chaud au cœur ? Quel plaisir en vérité de savoir que ce que je publie plaît à certaines personnes, à tel point qu’elles viennent régulièrement, sinon systématiquement pour lire mes nouveaux articles !
Un blog en 2024 ?
Ce qui est intéressant à observer, quitte à faire une sorte de bilan décennal et même si cela peut sembler évident pour tout le monde, c’est que ce milieu a énormément changé en 10 ans. En 2014, c’était toute une nébuleuse de blogueurs et blogueuses qui tachait d’exister dans un brouhaha assez réconfortant en ce sens qu’il apportait une forme de solidarité non-négligeable. A l’époque, je venais de quitter définitivement la communauté de Gameblog pour fonder ce blog-ci et je m’inscrivais en parallèle sur Twitter. C’est ici que j’ai taché, comme d’autres, de m’inscrire dans une « sphère blogging » vivante et animée. Nous étions sacrément nombreux alors ! Les « blogs des copains » à ce moment-là, c’était une dizaine ou quinzaine de petits sites personnels qui gravitaient les uns autour des autres, chacun tachant de renvoyer vers ses congénères. On sautait de blog en blog, à la faveur d’articles aux formats partagés notamment et en définitive, il y avait toujours quelque chose à lire.

Peu à peu, la chose s’est étiolée tout de même et la plupart des blogs que je fréquentais moi-même ont été mis en veille, voire se sont tout simplement éteints. Non pas que leurs tenanciers et tenancières aient cessé toute activité, mais cette dernière a muté, privilégiant le format vidéo que j’évoquais plus haut et en particulier le streaming. Un phénomène commun à l’essor colossal de Twitch bien sûr, plateforme vers laquelle de nombreuses têtes se sont tournées. Je n’apprends évidemment rien à personne mais le fait est que de tous les blogs les plus actifs que je côtoyais à l’époque, j’ai parfois un peu l’impression d’être le dernier à n’avoir que cette activité exclusivement écrite. Car si certaines pages restent encore à lire, il est indéniable que la vidéo (ou l’audio) a pris le pas sur tout le reste. Et moi pendant ce temps-là, je me retrouve à continuer à écrire, encore et encore, seulement écrire, des trucs de plus en plus longs. Un geste à contre-courant dont je mesure l’incohérence mais auquel je demeure fidèle. Parce qu’en l’état, je n’ai jamais su trouver comment proposer autre chose. Il y aura bien eu mes participations au podcast Klub Moutarde mais, faute de temps et d’organisation, j’ai préféré mettre un terme à l’exercice après 8 épisodes. Mais je ne regrette rien, d’autant que si je suis fidèle à mes habitudes, vous l’êtes aussi !
Votre fidélité, je la retrouve en particulier dans les chiffres affichés par un certain nombre de mes articles parmi les plus récents. Sur la saison en cours notamment, que de succès ! Qu’il s’agisse de la deuxième partie de mon dossier sur le jeu vidéo à la BnF, de ma chronique de Chants of Sennaar ou encore de mon article sur Cassette Beasts, je dois bien avouer que je suis le premier surpris par l’audience trouvée par ces différents sujets. A ceux-là s’ajoutent également le texte que j’avais consacré à Tears of the Kingdom et à son rapport à la cartographie ainsi que d’autres articles qui, après un démarrage correct mais néanmoins sans emballement, ont fini par trouver un public qui s’est accumulé au fil des mois, à l’instar de celui sur les Shaggs.

Il n’y a pas de mystère derrière tout cela : vous êtes un ingrédient essentiel dans la recette. Un article (ou tout autre contenu web), si plaisant que vous puissiez le trouver, ne sera jamais aussi vu que si vous vous engagez dessus. Quiconque crée du contenu vous le dira : une absence d’interactivité avec l’audience, c’est la mort assurée dudit contenu, lequel se perdra très rapidement dans les limbes d’internet, d’autant plus avec des algorithmes de plus en plus inéquitables (la recherche par hashtags sur Instagram depuis peu est devenu une catastrophe sans nom pour les petits comptes). Votre soutien est donc essentiel ! Un simple partage, un simple like (ici ou sur les réseaux sociaux) peuvent faire la différence entre un article qui trouvera son lectorat et un autre qui se fera oublier dès publication.
Evidemment, les sujets n’ont pas tous la même portée et tous mes contenus ne se valent pas, mais à partir du moment où vous apportez ce petit coup de pouce, où vous consacrez ce quart de seconde à simplement lâcher un like ou à partager, qu’importe la plateforme, la destinée d’un article peut changer du tout au tout car l’algorithme identifiera le contenu comme « vendeur » en quelque sorte et le rendra plus visible. Un élément primordial pour atteindre en bout de ligne des gens que le sujet intéresse, tout bêtement. Etant présent sur nombre de réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Mastodon, Bluesky, Threads et Instagram), je vois bien qu’il suffit parfois d’un partage sur une seule de ces plateformes pour que la sauce prenne. Merci alors à celles et ceux qui prennent déjà le temps de lire mais aussi de partager, laisser un commentaire… C’est trois fois rien de votre côté mais du mien ça peut faire une différence colossale.
Et maintenant ?
A l’issue de cette longue décennie, nul doute à avoir quant à mon désir de continuer l’aventure. Bien qu’il m’arrive régulièrement d’avoir envie de mettre clé sous la porte une bonne fois pour toutes – et je ne vous cache pas que quand il a fallu refaire la mise en page du blog, ce n’est pas passé loin… – je continue inlassablement de revenir vers ce blog. Surtout, je crois que ce qui me porte le plus c’est cette envie de continuer à explorer la « ligne éditoriale » qui est devenue la mienne depuis quelque temps maintenant, avec des articles certes très denses mais où je tache d’aller au-delà du simple « ah oui, ça j’ai bien aimé » ou « ah non, ça j’ai pas trop aimé ».
Non car ce que j’aime en réalité c’est l’idée d’aller chercher un peu plus loin, quoique modestement, pour aborder les œuvres dont je parle sous un autre angle, peut-être pas déjà vu ailleurs dans l’idéal. J’aime l’idée de me plonger dans des bouquins ou d’autres articles pour mettre le doigt sur un concept, un aspect qui va me permettre de parler d’un jeu, d’un film, d’un album autrement. C’est ce que j’ai fait en écrivant sur Tears of the Kingdom ou Chants of Sennaar par exemple. J’aime l’idée de prendre quelque chose et d’en profiter pour explorer un sujet, une question et essayer d’y apporter une réponse comme lorsque j’ai voulu interroger la notion d’open world avec Starfield. J’aime enfin également l’idée de me plonger dans la biographie d’un artiste pour en rédiger un portrait comme ce fut le cas avec les Shaggs, Jack White ou encore le duo Kurt Cobain/Mark Lanegan.
Mais au bout de ces 10 ans, j’ai aussi envie d’autres choses. Cela fait un moment que des idées me trottent dans la tête mais j’aimerais vraiment enfin commencer à publier des formats audio auxquels je pense régulièrement. Il y a toujours cette question des versions audio de mes articles bien sûr, dont je sais après avoir réalisé un sondage auprès de vous il y a quelque temps, que ce serait pratique pour une partie de mon lectorat, mais j’envisage aussi d’autres choses. Pas du podcast à proprement parler mais vraiment un format spécifique, tout audio, pas trop long dans l’idéal. J’y vois un moyen d’aborder des sujets que je ne traite pas sur le blog parce que je n’ai pas assez de matière à traiter mais qui portent tout de même sur des œuvres dont j’ai envie de parler. Ce serait aussi l’occasion, pourquoi pas, de repenser ma façon de chroniquer des albums.

Il n’y a à l’heure actuelle rien de strictement arrêté sur ces points mais j’aimerais vraiment que ces menus projets portent leurs premiers fruits dans les temps à venir. Dans tous les cas, je sais une chose : ce serait comme toujours fait à ma façon, sans pression, sans obligations de timing ou quoi que ce soit d’autre de contraignant. Mais d’ici à ce que tout cela se mette en place, tachons déjà de rendre au blog sa rythmique habituelle. Les travaux pour réparer les articles ont bien avancé comme je le disais plus haut mais il reste encore à faire ! Chaque chose en son temps, donc. Et, qui sait, peut-être que dans les 10 ans qui viennent, j’aurai encore eu d’autres idées et que le blog aura connu un avenir encore différent de celui que je lui imagine en cet instant. On se voit en 2034 pour en parler.
Ne me reste à la fin de cette page qu’à vous remercier pour votre fidélité. Si personnel que puisse être ce site dans son essence, votre part dans sa longévité est indéniable. L’accueil que vous réservez à mes publications m’encourage à continuer, à travailler, à m’améliorer aussi. Je ne prétends pas, n’ai jamais prétendu et ne prétendrai jamais vouloir ou pouvoir faire une quelconque différence avec ce que j’écris mais j’aime l’idée que ces textes trouvent une résonnance chez vous. Si j’arrive en fait à transmettre des choses à une poignée de personnes, c’est déjà énorme.
Merci à vous donc pour le soutien, merci aux camarades du Klub Moutarde pour leur soutien, merci à Nate dont l’assiduité à partager chacun de mes articles sur Twitter quasiment dès que c’est en ligne me surprendra toujours, à Siro qui fait la même chose sur Bluesky. Merci à celles et ceux qui viennent dans mes notifications çà et là pour me dire qu’un article leur a plu alors même que je le trouvais bof. Merci à celles et ceux qui partagent et likent religieusement même si ça ne les intéresse pas, simplement parce qu’il savent que c’est important. Merci pour ces 10 ans. Merci pour les 10 à venir.

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